ORIGINE DES L
Durant la dernière phase de la guerre de Cent ans, le duclié de Normandie et surtout Rouen furent un centre d'action, ou mieux une base d'opérations pour l'année britannique,
Rouen merveilleusement placé au milieu des terres, tout en étant en communication avec la mer, pouvant disposer de grandes ressources dans une contrée rictie et ménagée par le vainqueur, était ce que nous appellerons le point d'appui obligé sur le continent.
C'était aussi un lieu de retraite assuré, dans le cas où l'occupation de Paris, centre du gouvernement, aurait été compromise. Il fut conservé plus longtemps que la capitale.
Il n'est donc pas étonnant que les archives et surtout les pièces relatives à la comptabilité s'y soient accumulées.
Quand, le 29 octobre 1449, les Anglais durent abandonner la ville, comme Jeanne d'Arc le leur avait prédit, cei encombrants manuscrits, y furent oubliés. Pendant plusieurs siècles, ils y demeurèrent dans quatre dépôts distincts ; puis, la Chambre des Comptes de Rouen ayant été'supprimée en 176^, ils subirent le sort des pièces exclusivement françaises, et furent transférés ii Paris, dans de vastes locaux dépendant de la Cour des Comptes.
Peu d'années après, sous de regrettables iniluences, des Lettres patentes du 9 juin 1770 autorisèrent le triage et la vente des pièces jugées inutiles au service. D'un autre côté
des dilapidations, des spéculRtions coupables, des abus de toute sorte s'étaient donné libre carrière. Quand on ouvrit eniin les yeux, il était trop tard. Hue masse considérable de pièces de comptabilité et des centaines de volumes de titres relatifs à la domination anglaise et aux guerres du XV« siècle avaient déjà disparu.
Beaumarchais, entre autres, avait loué d'immenses locauï pour y installer les pièces achetées chez les beurriers et les relieurs, ou d'autre provenance encore. Le lieutenant de police Lenoir, y fit opposer les scellés. Le 12 mai 1785, Beaumarchais transigea moyennant 00,000 francs (1).
Des savants dignes de reconnaissance (2) sont parvenus à en recueillir de nombreuses épaves pour les joindre A ce qui avait échappé h la dispersion ; mais il D'en reste pas moins des lacunes dont il ne sera sans doute jamais permis de déterminer le nombre et l'étendue.
Cet ensemble consllLue au Déparlcment des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de volumineux dossiers.
Nous nous faisons un devoir d'exprimer ici notre respectueuse gratitude i M'" de Foulques do Villarct, ofTicier d'Académie, membre de la Société llnnoise, lauréat de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, dont la science historique et le talent paléographique nous ont été d'un si grand prix pour la recherche et la lecture des documents.
; ia Maison de Nicolay, pur
(1) Voir, eolie ■ulios : Il M. de iloiËLisi.E.
(2) Tout spériiilempnt M. I.éopold Delislf, alors tonsei'vnteur liu (|j|iurtâmenl des Muimscritï i la BibliathAque nationale, devenu depuii ndmItlUIrnteur gdntrHt.
En ce qui le concerne persunn elle ment, H. Bouober de Malanclon esl lieureux de lui adresser ici asd sincères retiiercImeiiU pouc les prëi^ieilseï; iudlcalione qu'avec Ont de bonté il a bien voulu lui donner.
Les Archives nationales et le Briltsh Muséum (1) conliennent aussi un cerlain nombre de titres.
Nous en utiliserons et en publierons d'autres encore, (aussi authentiques que tous les pr6céifents, car ils ont la même provenance), que les ventes publiques et les marcliantls d'aulograplies ont offerts à la curiosité des amateurs (2).