‹ L'armee anglaise vaincueChapitre 4 sur 86 · S II · texte numérisé non relu

S II

Nature drs doguments.

Parmi les documenls dont nous nous occupons ici, beaucoup sont des pièces de comptabilité, ou ont été mis à l'appui de la comptabilité, parce qu'ils y louchent par quelque point.

On s'explique facilement que les titres de cette sorte aient survécu aux rapports, aux comptes rendus, aux missives de correspondance, et qu'ils aient été plus nombreux. Les administrateurs et les comptables écrivent plus et plus volontiers que les comliallants; ceux-ci, au XV" siècle, manquaient souvent des moyens matériels, de l'habitude et des connaissances nécessaires.

(1) Les pièces du BritUli Muséum que nous reproduisons sont com- ^sesrtuns le» Addilional Charlevs, Ctjnrles addilionnelles, ajoutées nccessJTemenl au premier fonds du Musée britannique. — Les

Jarley manuHarit» sont une des premières collection t. lia avaient |!«té réunis par ïi^douard Harley, deuxii^me comte d'dxford.

(2) Avec quelque persévér;ince, en suivant atlenlivemenl les renies pendant de nombreuses années el en compulsant les cata-

M. Boucher de Holandon a pu se procurer une quantité

Mlallvemeiit considérable de documents de celle nature, les uns

eoncernanl expressément le siège, les aulrea les période» qui pré-

30 qui suivent, et n'en fournissant pas moins des éclaircis-

"•emenls ou des indication» utiles.

De plus, pour la conservation des pièces de compliibililé, l'inlérèl pécuniiiire est eo jeu, h cause des véririciilions successives ; leur emmagasinemeol est fiicile en arrière des années.

Nous ne saurions regretter beaucoup qu'il n'y ait pas plus de variéié ilans nos sources.

La coinptabililé présente celle garantie (qu'elle s'exen sur (les futls acquis, sur des etTectiTs rassembléjt, et actuel- J lement présents. Par la liquiilalion des droits et perceptions de l'armée de Salisbury, on voit combien la composition de cette troupe dilVèrait de celle que faisnil prévoir l'engagement souscrit par le clief.

Suivant la coutume d'alors, ces pièces sont Tort détaillées et exposent longuement le but du service accompli, ou qui est ordonné. On y ti onve des indications historiques inaliendues, bien plus développées que celles t'ouinies actuellement par les écritures correspondantes.

Biles permettent d'apprécier l'état de l'armée an<;Iaise. En mettant en évidence la précision de ses règles admmistratives et leur observation exacte, elles sont l'indicit d'une organisation sage, bien réglée, et d'opérations militaires bien conduites.

Elles sont de plusieurs sortes : lettres du roi, numinuliuns, commissions de commandetnent; end'iolures ; montres et revues ; ordres de paiement, quittances.

Quelques unes sont suppléées par leurs vidimus ou copies authentiques, leurs amplialions et lettres de transmission.

1" Lettres du roi, nominations, commissions do commandement. — Elles sont au nom d'Henri VI, roi de France et d'Angleterre, qui avait alors 7 uns, commençait au 1'^'' septembre liSS la 7" année de son règne, et se tiouvait va Angleterre, ayant pour gouverneur Warwick.

2" Endenlures. — Ce sont djs contrats de service mîli- (aire. Leur nom vient d'une ilisposJIJon matérielle analogue i^ celle Je nos pièces à talon ; leur lexte élait écrit (jeux Tois, sur une même Teuille de parcliemin, dont les deux parties étaient ensuite séparées suivaht une ligne dentelée, pour être remises chacune à l'un des contractants. Le rapprochement des contours, impossibles A imiter, prouvait, s'il était nécessaire, l'aulhenlicité des pièces.

Cette pratique était déji^ ancienne ; et on cite entr'aulres une endentuie de iiâb entre le roi d'An^deterre, Edouard 111, et le comte de Nnmur, qui s'engageait à le servir, sa vie durant.

Elle n'était pas en usage seulement pour l'armée. Les exemplaires pouvaient être au nombre de 4 et de 5 ; et quelquefois sur leurs lignes de séparation étaient îles devises ou des lettres (1).

Chaque contractant devait signer ou sceller l'exemplaire restant entre les mains de l'autre ; aussi ne s'en trouve-t-il pas portant les deux signatures.

C'étaient bien des actes bi-laléraux et non des commissions de commandement. Lancelol de Lisie ayant été tué (29 janvier), avant le terme de son endenture qui était pour la durée du siège (document 13), son frère Henri, après avoir exercé quelque temps le commandement, à litre intérimaire, ne lut pas simplement désigné pour le remplacer ; il souscrivit un engagement, une nouvelle endenture, pour la même troupe et avec le même elTeclif-

.\prés la mort de Salishury, ses comptes lurent rendus

(!) ViLLtT DE Viiuvii.LE. Chyi.niiiue de Coiiëinol, dite Chro ni'iueiie lu Pucelle, p. "235.

non par un île ses lieiitenanls, ou un successeur désigné par le Roi. mais nar ses exécuteurs leslamenlaires. C'csL J ilu resie le morle île règlement qui est prévu dans plusieural eudentures.

Par la précision el l« nombre des stipulalions, les endentures ont à la fois, pour nous, la valeur de lettres de service, d'étui d'enraiement el d'ordres de mouvement, de règlements d'administration et de police militaire. Soas | ces divers rapports les pièces établies à Paris sont^plua complètes que celles rédigées, par exemple, au bureau provisoire de Chartres.

Nous en reparlerons plusieurs Tois.

Lorsque l'endenturc n'a pu être faite assez lot pour ou- I vrir en temps utile le dnitt à la solde, un ordre spécial de ' paiement y supplée.

S" l!)lals et certilicals des monlres et revues (1). — Les moniies et revues sont des revues d'elTeclifavec inspeclion plus ou moins sommaire de l'armement et de l 'équipement. Ces deux noms tanlôl accolés, tanlôl employés séparément, indiquent deux opérations connexes qui sont prises souvent l'une pour l'autre ; le ilier fait la montre, c'està-dire présente sa Iroupe el en fournît peut-être l'étal nominatif; les hommes de guerre ou fonclioimalres commis à cet effet la passent en revue. Ils conslaienl la présence des gens d'armes el de trait, généralement sous la forme d'un certificat inscrit à la suite des noms.

Nous ferons plus loin une étude détaillée des montres et des documents qui les conslaleni.

.i» Ordres de paiement, •{uillunces. — Les ordres de paiement émanés du régent sont souvent appelés lettres

(I) Les in#nie« exprcssinna, montres et revues, déait'nent hushî bii'n les opéralioas que lus ^i^iilures auxquelles elles donnent lieu.

de garant. Soit duns les cas ordinaires, soit quand ils suppléent à des tilres, endenlures ou certiticals de montres, qui n'ont pas élé établis, ils relatent en détail le service à rétribuer et en indiqueni gènéralemenlle bnl et les circonstances. Les paiemenls des gens de gnerre sont faits par le receveur général de Normandie ou le trésorier des guerres & Paris.

Les quillances de solde pour la Iroupe sont 1res explicites : elles indiquent la période de service que le paiement comprend et le lieu ou il s'est accompli, le nom et la qualité du chef.

Les sommes payées sont exprimées en monnaie de compte française, la livre tournois et ses fractions.

Pour lidter le travail, les pièces élaienl quelquefois préparées t l'avance, en bbnc et avec leurs formules les plus usuelles seulement. C'est ce qu'indiquent les mots mis au bas blanc pour... et ce qui explique certaines indicaliuae générales peu en rapport avec l'objet spécial de la pièce.

Les quittances sont scellées et signées par la partie prenante, ou ne portent que l'une ou l'autre, et quelquefois ni l'une, ni l'autre de ces aUaches. *

Les pièces par lesquelles celles-ci sont suppléées, ont une valeur équivalente. Les vidimus ou copies authentiques des lettres du roi sont établies par les tabellions et rendues oflicielles par le sceau d'un fonctionnaire royal. Nous emploierons le terme moderne d'ampliation, pour désigner les extraits des dispositions des endentures qui intéressent le service de la suide. Ces pièces étaient établies au nom du roi ou du régent, et adressées aux trésoriers et gouverneurs généraux des linances ; ceux-ci les transmettaient aux payeurs, le receveur général de Normandie, Pierre Surreau, ou le trésorier des guerres, Andry d'Es-

pernon, avec une lettre qui était un nouvel extrait plus abrégé (1).

En lisant les documents 28 et 29 on saisira bien la différence qui existe entre les endentures, les ampliations, les transmissions. Les indications y sont de plus en plus restreintes, mais elles ont le même caractère de vérité historique.

Dans les documents, les dates sont données d'après le comput ancien qui faisait commencer l'année au jour de Pâques (soit au 27 mars pour l'année 1429). Nous avons indiqué, à la suite, le millésime du nouveau calendrier. Dans notre texte nous avons adopté la supputation actuelle, avec la notation n. st. {nouveau style).

§ III. — LANGUES EMPLOYÉES DANS LES DOCUMENTS ANGLAIS DE LA GUERRE DE FRANCE, AU MOMENT DU SIÈGE D*ORLÉANS.

Les documents anglais de la guerre de France sont plus utiles qu'^^n ne serait tenté de le croire, pour l'étude de la langue française au commencement du XV« siècle.

Nos chroniques montrent ce qu'elle valait déjà par sa netteté, sa sobriété, son élégance, et on doit ajouter par sa richesse, quand on pense au déluge de flatteries que Georges Chaslelain déverse sur son duc. C'était Philippe-

(i ) On ne saurait trop conseiller la résignation aux personnes qui combattent la multiplicité des écritures; et voudraient que toute opération donnât lieu à une pièce unique, que les agents de l'administration, de la comptabilité et du contrôle se passeraient de main en main. Dès le XV« siècle, alors que les effectifs étaient relativement si restreints, et les échelons financiers si peu nombreux, cette simplicité était jugée impossible.

le-Lon, duc de Bourgogne, celui qui trafiqua de Jeanne d'Arc : il mérilait un peu moins.

Mais les chroniqueurs, el tous ceux donl les écrils nous sonl parvenus, élaienl sans doute les plus fins lettrés d'une époque qui n'en comptait pas beaucoup. Et il faut connaître aussi le parler courant, celui du gi'os de la nation. celui des affaires, des administrations, des chancelleries.

Trois langues sont employées à cette époque en Angleterre : le latin, l'anglais, le franco-Qûrmand. Nous pensons pouvoir démontrer louL k l'beure que, sur le continent, nos ennemis se servaient du français.

Au latin, appartiennent, de droit, les affaires ecclésiastiques, la correspondance avec la cour de Rome, et aussi les ordonnances rendues en Angleterre sur les monnaies. Coût ce qui émane de la cour de l'Kchiquier, ou lui est destiné, des ordres donnés par le Rui, comme celui de publier à Londres le traité de Troyes dont la teneur même avait été traduite en Anglais.

Deux autres idiomes se disputaient la prédominance depuis quatre siècles.

I^^elui que nous appellerons simplement l'anglais, vient des plus anciens habitants du pays. Par ses origines multiples, il est celtique, germanique, danois. Sous le nom d'anglo-saxon, il s'est modifié lentement, et s'est enriclii aux dépens des langues classiques et des langues romanes, venues de Normandie et de France.

Dés le XIII' et le XV' siècle, il est déjà lormé, et l'oraison dominicale de ces époques semble écrite de nos jours avec quelques Fautes d'orthographe seulement (l).

(1) lieclierchen »ui- la fusion du franco-normand et de l'anglotaxiiu jittr J. P. Thom.mriicl. Paris. Pourchel, /S4I. La nueslion est tniitâe ilansi cet ouvrage uux cluux puinlu de vae liiiiloi'iquc et

[ihilolugique.

Au XV" siècle, il esl presque fixe ; au XVl\ il le sera uoinpIèleiTiËnl, sauT r.ippoinl incessant des mots il'art. >ie science et d'industrie.

En 1428, il n'est plus, comme il était resté, lon^nemps après la conquête normande, à l'usaf^e ilu peuple seul. Depuis Edouard III, on l'emploie devant les tribunaux, et depuis 1425 dans les actes de la Chambre-basse.

Henry V et Salishury l'empruntenl pour annoncer de France leurs victoires aux aldcrmen de la capitale ; aussi Bedfnrd, dans celle lettre célèbre oii il se plaint de l'insuccès de i^es armes après ta venue de la Pucelle, et plus lard GUicesler, en 1-440, dans une protestation adressée au roi son neveu, contre la délivrance el l'élargissement du duc d'Orléans. Beaucoup de pièces, émanant de la chancellerie royale, que nous fournissent les recueils de Rymer, de Stevenson, de Martial Delpit. sont en anglais. Dès 1U4â, Edouard le Confesseur avait introduit en Grande-Bretagne le franco-normand, la langue qu'il avait apprise lui-même en Normandie, pendant qu'il y était réfugié. Elle était bien supérieure à celle des Anglo-Saxons, ce qui explique son succès. Quelques années plus tard, Guillaume le Conquérant l'imposait par la force, el prescrivait de l'employer exclusivement dans les actes publics. Par orgueil de race, la nouvelle noblesse anglaise, issue des compagnons de Guillaume, lui resta fidèle, tandis que le peuple conservait l'anglo-saxon. Mais la conquête de la Normandie par Philippe Auguste, 1204, en rompant les liens qui rattachaient à lu France celte noblesse et la couronne, devait nécessairement hâter la décadence de l'idiome Normand en Angleterre.

Les longues guerres de France avaient dû lui donner cependant un regain de faveur ; mais il ne constitue pas le fond principal des documents militaires, administratifs

ou politiques de l'occupalion anglaise, bien qu'on puisse lui rapporter sans doute quelques pièces inrvportanLes, comme l'endeolure signée en Aufïlelerre, au mois de mars 1i28, par le comte de Salishury. II s'était chargé (le plusieurs mots anjjlais, qu'on ne trouve pas d^ins les pièces établies en France.

Ce que nous rencontrons dans celles-ci, c'est la pensée anglaise transmise aux secrétaires et aux scribes français, dans sa t'orine anglaise ou dans sa forme anglo- normande, et traduite par eux; ou la pensée des français aux gages de l'ennemi qu'ib ont écrite dans lei/r langue malcrneile.

Le traité de Troyes, avait spécilïé (|ue chaque royaume, sous un même souverain, conserverait ses droits, libertés et coutumes, usages et lois. Le respect de la langue nationale, s'il n'étuii. pas expressément réservé, étail évidemment sous-entendu. D'ailleurs, il facilitait singulièrement les rapports des conquérants avec les populations vaincues, dont il ménageait l'amour propre. Il permettait de trouver facilement sur le pays, sans les faire venir d'outre-mer, des fonctionnaires et des scribes. Et en etîet, presque tous les administrateurs, vicomtes, grénetiers, etc.. mais non les baillis, furent des français (ainsi que leurs subalternes lies derniers rangs, sans aucun doute), comme l'a remarqué M. Ch. de Beaurepaire dans son remarquable travail sur les comptes de Pierre Surreau.

L'année où lei Anglais éiaient en majorité, subit pour la langue la règle commune, et nous avons des traces certaines de scribes français attachés à des services essentiellement militaires ()).

IL semble que, dans l'étude de la question qui nous

(1) lïuillaume Appîlby, maître <les ortloiinanuea i I un iicribi! frangaii).

'. des artilleries.

cccope, on n'ait pas assez leoo compu Aet D^œssilés i l'oecupslion et fie la guerre. Si le oombre des pièces « rraoçaiï diminue prugre^sivemeat dans le recueil de RymerJ comme dans celui de Stevenson, k mesure qu'on se n» proche de 1453, pour disparaître entièremeat i cett^ date, ce n'est pas seulement parce qoe l'aDcienne laiq des normand» a perdu de sa faveur en Angleterre ; surtout {jarce que les documents relatîTs à la guerre i France devienoenl graduellement de plus en plus rares c cessent ensuite tout à fait /1).

Dans les documents militaires, la traduction est i dente.

Les noms propres, même ceux des chefs les plus connui sont singulièrement estropiés. B.iremenl, ils sont inscriU dans le telle conformément à la signature qui est aa-' dessous. La prononciation britannique est certainement la cause de ces divergences. Des noms se décomposent el se recomposent à un mois d'intervalle : John of Botlie devient successivement Jehan Avolhe, puis John Aboie.

Les chroniqueurs onl fait bien pis, mais ils avaient l'escuse du temps el de la distance.

Ailleurs, on rend généreusement aux descendants des compagnons de Guillaume le nom que leurs pères ont porté autrefois en Normandie : les trois frères William, Alexandre et Jean Pule dont le plus célèbre est l'aîné, le comte de Suiïolk, sont appelés de la Pôle ; ce qui était bien le nom de leur ancêtre normand (2). En l'appelant de la Poule, Jeanne d'Arc ne se trompait guère.

(1) Dans l'ensemble des litres, ceux relatiU i la guerre de France constituent, en eflel, une CBtégotie spéciale. M. Augustin Thierry, dans Bon Hialaire de la conquête d'Angleterre, ne parait pas avoir Kunittaitiroeul fait ct>lte distiiiclion nécesEaire.

<2) Aueusiin Thierry, Histoire de la conguéle d'Angleterre, t. II,

La iranformalion des noms de ramille pourrait s'altribtier à l'inexpérience ou à la maladresse des copistes ; celle des prénoms, qui sont les mêmes dans les deux nations avec des variâmes d'ailleurs caractérisques de la différence des idiomes, indiquent clairement l'inlentioo de traduire.

Le même personnage, chef ou soldat, est tantôt Jehan, tantôt John ou même Johne (avec un e muet â la lin). Dans trois montres successives du détachement de Gylfard aux Tourelles, tous les John du 23 décembre, et il y en avait beaucoup dans l'armée anglaise, sont devenus Jehan un mois après, et redeviennent John en mars suivant. (Documents 30, 33 et 34.) Nous avons Will, William, Guillam et Guillaume; Petre, Harry, Woathier restent généralement intacts.

Les documents anglais de la guerre de France ne sont donc que des traductions. Et les vrais anglais venus sous les murs d'Orléans, devaient, à l'exception peut-être de ceux des plus hautes classes sociales, parler l'anglais. Ce sont bien des yodons, comme dit Jeanne d'Arc.

Dans l'administration militaire supérieure on parte une langue nette, précise, bien ordonnée qui semble déjà aussi bien adaptée aux nécessités de la guerre qu'elle le paraîtra plus tard à celles de la diplomatie. Sans doute la phrase est trop longue; on ne sait point encore la couper à propos; et comme il n'existe, ni ponctuation, ni alinéas, elle est un peu lourde, même pour le lecteur attentif L'est-elle beaucoup plus que celle de nos officiers ministériels d'aujourd'hui? On n'oserait trop l'affirmer.

Klle est sobre. Elle a rejeté ces inversions dont le jeu

p. 380. Liste des principales familles d'Angleterre issues des c payons de Guillauuie-le-Cunquéi'anl.

savant est le triomphe comme il est sans doute le tourrnenl (les lellrés^(|ui écrivent en latin à la même époque. Elle va Jroit au but par on chemin simple et naturel, alors qu'on les voit trop reclierclier ces expressions choisies empruntées aux classiques qui semblent n'arriver là que pour solliciter un bon point, Encore quelques années, et la manie de l'imi' talion latine fera reculer d'un siècle notre langue, comme la manie de l'imitation italienne fera perdre :'i notre architecture son cachet national, fait de raison, de sens pratique et d'originalité.

A l'exemple des maîtres, nous avons cru devoir introduire dans les lexles. les chilTres arabes, les apostrophes, les accents, la ponctuation, les tirets, les alinéas, toutes choses inconnues des contemporains, mai;: auxquelles le lecteur d'aujourd'hui est trop habitué pour s'en passer aisément. Certains mots abrégés ont reçu, entre crochets [ ], le complément indispensable. Nous avons scrupuleusement respecté l'ortographe.

Notre étude comprendra : l'état général des forces angbises ; — les opérations de Salisbury autour d'Orléans ;

— la première phase du siège et l'occupation de la rive gauche ; — le siège proprement dit, avec investissement sur la rive droite ; — les détachements, subsides et contingents réodaux tirés de la Normandie et des pays de conquête ; — les retenues remboursables faites en vue du siège sur les gages des oftices et les dépenses du siège ;

— l'administration et la comptabilité de l'armée.

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