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LES MONTRES ET LA COMPOSITION DE LA LANCE

Les montres et revues dont les certificats déterminent la constitution élémentaire des corps anglais et la composkion de la lance, sont définies d'une manière générale par deux documents principaux, auxquels on voudra bien se reporter (documents 3 et 67). D'autres particularités sont éparses dans les titres analogues dont nous parlerons au cours du récit.

Personnes chargées de recevoir les montres. — La désignation est faite quelquefois au nom du roi, ailleurs par le régent, le comte de Salisbury, ceux qui lui succédèrent dans le commandement ; il arrive même que le mandat reçu se transmet par délégation (1).

C'est un service, restreint à une certaine quantité d'opérations, peut-être quelquefois à une seule, en dehors duquel le commissaire désigné peut n'avoir aucune relation avec la troupe dont il passe la revue.

Les commissaires opèrent généralement par deux, sans que les deux mêmes soient toujours ensemble. Après le siège on en trouve quelquefois trois, même quatre, et d'un rang social très inférieur. Dans des cas spéciaux et pour des petites fractions le commissaire peut être unique.

(1) Hamon Belkauap et autres délèguent deux fois à Guy Le Bouteillier la mission qu'ils ont reçue. Montre de Thomas Gyirard, 12 août 1428 ; Collection particulière de M. Boucher de Molandon ; Archives Nat. K. 63. 1« — Délégation à Glasdall. Ibid. K. G3. 13.

Il faut citer comme souvent employés à ce service, parmi les gens de guerre : Fastolf, grand maiire d'hôtel du Régent ; Guy Le Bouieilliet', ninitre d'hôlel (1); Guillaume Myneurs, huisselier ; Thomas Guéraril, qui commanda à Sainl-Loup ; parmi les fonctionnaires : Hamon Belkanap, gouverneur des finances , Pierre Surreau, receveur général de Normandie ; Chambellain, contrôleur de cette recetle ; Guillaume Brenis et Raoul Parker, secrétaires du Régent. Tous ces noms reviendront dans le cours du récit.

On rencontre encore : Roltert Cotes, écuyer, qui était maître des Ordonnances au siège de Meulan, en M'a; Jean d'Argouges, écuyer ; Jean Uarpeley (llerpeley, de Harpelei), bailli de Cotentin el capitaine de Cherl>ourg; Gérard Pegouclie ; Georges Nessefied, écuyer; Guillaume Brounyngs ; Jean Hussen, écuyer; George Polton, écuyer; Jean Pasthéle. chevalier ; Jean de Clinstillon ; Collin de Louvenant ; tluo ; Jean de Munigommery ; Guillaume fortin, vicomte d'Alençon ; Guillaume de Saint-Denis, lieutenant de Glasdall ; Messire Morelel de tiethencourl, chevalier du guet de Paris, c'est-à-dire commandant de cette milice communale ; Jean Bourg, bailli de Gisors ; Jean de Courcelles, membre du grand conseil.

Jean de Saint-Yon, écuyer, est aussi membre de ce conseil. Envoyé de Paris à Corbeil, en janvier 1428, pour passer à montre le comte de VVanvick et ses gens, qui devaient mettre le siège devant la place de Bois-Malesherbes, il toucha pour ce déplacement de 1 3 jours 40 livres tournois (3).

Jean Popham, conseiller de Normandie en résidence à

(1) Fastolf el le Boulellier passent respectivement la revue des troupes l'un de l'autre, (Ducum'enl.s 40 el 44.)

<a) Letires du roi du 15 Février 1427. CoUeclion pari, de M. Boucher de MoiandoD.

Rouen, touchait 6 livres tournois par jour pour passer des revues en Orléanais (1).

Entre 1437 et 1442 (2), nous trouvons des grénetiers (3), lieutenants de bailli et de vicomte, receveurs des aides et octrois, verdiers (4), contrôleurs de garnison.

En résumé, ce service de contrôle est généralement temporaire ; il est fait souvent par des fonctionnaires de Tordre civil, dont beaucoup sont des français reniés et quelquefois d'un rang fort inférieur à celui des capitaines dont la troupe est inspectée. Cependant, il n'apparait pas de conflits ou difiicultés entre ces personnes. Il y a Ift un signe des temps modernes: l'autorité royale impose aux

(1) Adminiittration de la Normandie^ diaprés le compte de P. Surreau.

(2) Montre de la retenue de Monseigneur de Talbot, maréchal de France pour les Anglais, prise par Jehan Chief de scel, grénetier de Gisoi'S et lieutenant du bailli dans cette ville, Jehan de La Mare, receveur des aides et octrois, et Jehan Soulby, contrôleur de la garnison au même lieu. Septembre 1437.

Montre de la retenue de Jehan Salvain, chevalier, bailli de Rouen, prise par Girart Gonnin, grénetier de la ville, et Guillaume Rudsten, veidier. 21 décembre 1440.

Montre de la garnison de Gaillard, sous le même Talbot, prise par Guillaume Fouke, lieutenant particulier du bailli de Gisors, le lieutenant du vicomte et le contrôleur de la garnison. 14 décembre 1442.

Ces trois pièces sont de la collection particulière de M. Boucher de Molandon.

(3) Le mot grénetier désigne soit Tadroinistrateur de l'entrepôt du Hel, soit Tun des magistrats composant le tribunal chargé de juger en première instance les contraventions aux ordonnances sur les Gabelles. (Dictionnaire de A. Chéruel.)

(4) Les verdiers avaient garde et juridiction dans une certaine étendue de bois et de pays formant une veHerie. Leurs sentences étaient portées en appel devant les tribunaux des maîtres des eaux et forêts. Il y a là, comme dans le cas précédent, un office et une magistrature très secondaires. (A. Ghéruel.)

Seigneurs féo<lai)!( le contrôle de ses agents, pris dans lôus les rangs sociaux.

Objet des montres, documents qui les constatent. — Les commissaires iloivent s'assurer du nomlire et de l'aplttude militaire des hommes présentés; des bonnes conditions de leur armement et de leur équipement ; recevoir d'eux le serment He servir conformément aux endenlurfs (1); casser et rejeter ceux qui sont insudisants. La prestation du serment n'est jamais signalée dans les documents qui nous sont parvenus. Toutes les autres conslnlations sont faites sur un état nominatif pi écéîé d'un en- tête et généralement suivi d'un certificat ou arrêté final.

Il parait peu proliable que le chef de la troupe fit toujours faire lui- même la liste nominative, qu'il eût toujours Fons la main un scribe capahie He l'établir. Le commissaire faisait peut-être rédiger ou rédigeait lui-même la pièce. Toujours est-il qu'on devait se servir d'un rôle établi à l'avance, comme étaient ceux des contrôleurs de garnison dont il sera parlé plus loin. En elfet les présents, les absents pour le service, les manquants, sont portés pêle-mêle et non groupés entre eux.

L'en-lête compreml toujours le nom des commissaires el celui du clief de la troupe. Mais la pièce ne porte ni la signature ni le sceau de ce dernier. On en trouve une .lignée par le contrôleur de la garnison. (Document 110.)

(1) 0(1 sait qu'en France, avant 1S48, les jeunes eoldals prôlaient serment 'levant les géni^raux à la jjremif^re des vevnes pssiies trim est rie De ment. Celle rormulité impnsante, abolie à celle époque, ne fut pas rétablie.

Peat-^tre fut-elle exigée exceptionnellement en décembre 1428, en raison «tes itéserlions qui se produisirent après la mort de Saligburv.

Les présents sont totalisés par catégorie, hommes [l'armes, archers.

Nous n'avons vu qu'une seule fois l'indication explicite du rejet de quelques hommes. (Document 4.) Ceux absents pour un service extérieur sont signalés par le mot vacat.

On ne rencontre point de mention JétaiUée sur l'habillemenl, l'équipement, l'armemen'. Il n'est malheureusement jamais question des chevaux. Cependant, sur le paiement des gages d'une troupe île garnison, il tut rabattu um fois 36 livres tournois, « pour 6 hommes d'armes qui ont défailli de harnais de jambe h la monstre ». Six livres tournois représentent les gages de 12 jours.

Les étals sont signés et scellés par les commissaires, ou par l'un d'eux seulement.

On doit donc reconnaître aux montres le caractère de nos revues d'effectif passées par les fonctionnaires de l'intendance et ceux du contrôle. Ce ne sont pas des inspections techniques, embrassant l'ensemble des conditions d'aplitude et d'instruction professionnelles et de situation des troupes vis-à-vis de l'ennemi.

Importance des montres au point de vue de la solde. — C'est seulement sur le vu de l'élal que les payeurs remettent la solde aux parties prenantes ; les montres ont lieu aussi souvent que les paiements, et toujours auparavant. Pour les troupes de campagne, c'est tous les mois ; pour celles de garnison, tous les trois mois.

Les certificats portent même souvent l'invitation faite par les commissaires à l'agent des linances d'avoir à faire le paiement (Document 7). On en peut conclure qu'ils étaient remis directement à ce fonctionnaire, sans passer par les mains des chefs militaires.

Composition de la lance, de l'arguer étoffé. — Rien

ilans nos armées actuelles, si re n'esl peut-être le groupement (]ue furnicnt les servanls d'une pièce d'artillerie, ne peut donner une iilée de ce qu'on appela, pendant plusieurs siècles, la Irince fournie ou garnie, l'archer étoffé. La question est rlu reste m.il résolue par les auteurs.

Les historiens les plus compétents se sont bornés à donner des points Je repère beaucoup trop distants les uns des autres.

Doutaric (I) fait correspondre l'expression de lance fournie, au XIV« siècle, â l'Iiomme d'armes accompagné d'un certain nombre d'i^ciiyers (2), de pages, d'archers à cheval; plus lard b deux ou trois individualités seulement; puis à sept au W" siècle.

L'histoire du passé et de l'avenir de l'artillerie (3) passe (le l'ordonnance de 1350 à une composition de neuf à dix chevaux pour chaque lance cent ans après, sous Charles VU {archers, pages, écuyers. couiilliers, varlels).

Un éminent auteur Orléanais, M. Loiseleur, a serré de beaucoup plus prés la question, en ce qui concerne les troupes françaises au siège d'OrJéans (4).

Dans les documents qu'il a consultés, M. Loïst^leur n'a jamais rencontré l'expression lunce garnie, une seule fois le mot bmce avec le sens d'indiviilualité, de noble portant les armes, et l'expression homme d'armes parait indiquer trois personnes au plus, l'écuyer ou homme d'armes proprement dit, son page et son coutîllier ou valet ; les archers ne paraissent pas attachés à la personne des

(1) /n#(itulioiM militaife» de la France.

(S) II ne Taut |)aB prendre ici le mot ëcuyer dans son sens nobiliaire, mais daos celui d'homme à cheval.

(3) Par le Phince Napoléon, plus lard Napoléon III.

(4) Compte de* dé/ienars faites par Charles VII pour secourir OrUant en i4S8, par Jules Loiseueur. Orléans, 1868.

hommes d'armes ; il n'exisle aucune proportion entre les eflectifs des deux catégories dans un corps ; l'archer reçoit moitié de la paie de l'homme d'armes. Multiplier uniforméinenl par six le nombre des hommes d'armes (l'homme d'armes, deux servants, trois archers), pour avoir l'effectif d'une troupe française, à Orléans, c'est donc s'exposer aux plus grosses erreurs.

Mais M. Loiseleur parle seulement de l'armée française, qui se trouvait alors dans un état complet de désorganisation.

Les listes nominatives que comportent les montres de l'armée anglaise, comprennent un certain nombre d'hommes d'armes ou lances (ces deux expressions sont souvent employées concurremment dans la même pièce, comme étant synonymes), et un certain nombre d'archers. En outre do ceux qui sont nommés, il ne peut exister d'autres archers implicitement compris dans les unités collectives que formeraient les hommes d'armes. Car c'est le propre d'une liste nominative de faire connaître tous les éléments essentiels d'un effectif.

S'ils existaient, ils ne seraient pas toujours au complet pas plus que ne sont les autres; et, le fussenl-ils, on devrait au moins le constater. Or, on ne voit rien de semblable dans les montres ; tandis que les hommes d'armes et les archers, inscrits nominativement, sont pointés individuellement et soigneusement comptés.

Hollinshed, auteur anglais, cité par M. Puiseux, à propos du siège de Rouen, dit formellement que la lance équivalait à quatre hommes à cheval, soit l'homme d'armes et trois archers (1).

(1) t Everie fourth man was a lance. > Métnoires des Antiquaires de Sormundie^ tome XX.V1, p. 41.

Vé même pour l'archer ; il n'y a aucune raison ite criiire (lue celle expression dési^tnât uuUe clto^e qu'une ÎDilivi.luulilé. Nous ne croyons dune pus à l'ardier éloiïé pour l'armée anglaise en 1428-1429.

A tléfaul d'archers, exislail-il des combaltants d'un degré inférieur, comme pages, varlets, coulilliers? 11 n'en est l'ait mention, ni dans les montres, ni dans les endentures. Cependant il y avait des pages, mais ce n'étaient pas de véritables comballanis.

A la journée des Harengs, ils étaieni d'un ciilé avpc tous les cbevaux (1).

Le 3 avril 1429 (2), les pages français et anglais se ballent entre les deux îles Sainl-Laurenl. c'est-à-dire entre nos murs et les positions ennemies. Ils avaient pour écus de petits paniers (tout au plus des claies ou boucliers d'osier), et jetaient pierres et cailloux. Les nôtres, commandés par un jeune gentilhomme, Aymart de Puîseux, furent vainqueurs. Le lendemain on recommença, dans le même équipage : un page anglais fut Lue d'un coup de pierre ; plusieurs, des deux côtés, furent blessés, et notre étendard fut perdu.

Inutile d'insister sur le caractère du combat de ces braves enfants, auxquels on interdisait les armes, mais non le courage.

Quand, le 6 mai, les Orléanais restèrent sur la rive gauche, après avoir pris la bastille des Augustins, il fut crié par les tues de leur porter des vivres et que chacun gouvernât les puges et les chevaux qui étaient restés dans la ville (â).

<1| MoNsmeuiT, 1. II, chap. 5(i.

(2) Journal du siÉgt, Qujciieiiat, vol. IV, p. 143.

(3) Chronique de e^tablùsemont de ta fête. (QutciiEiUT, vol. V,

Nulle p.irt il n'est question de coutilliers. D'ailleni's, ' solde journalière de l'archer ^tant de six deniers sterlings, celle de l'Iiomme d'armes n'esl que de douze deniers cl de dix-huit en comptant le regard qui reste peut-être entre les main!' ilu capitaine pour parer aux dépenses d'armement et de monture. Celte diftérence dans tes soldes, élanl donnée celle des positions sociales, ne permet guère de supposer que l'homme d'armes eùl à entretenir d'autre auxiliaire qu'un page.

Les hommes d'armes à pied, écuyers et même chevaliers comme les autres, payés 8 d. ster. par jour et dits à demigage ou à gage de demi-lance, pouvaient dirTicilement se donner le luxe d'un page.

L'homme d'armes, suivant sa fortune, pouvait sans doute être escorté d'un ou plusieurs individus remplissant plus ou moins le râle de domestique, et que les chroniqueurs auraient .'■ tort dénombrée comme combattants. On sait qoe la présence aux armées de domestiques d'officiers était prévue en France sous l'ancien régime.

Proportion heljltive des houhes d'armes et des archers ou ARQUEBCSiEiis. — Celle question, bien différente de la précédente, est aussi h examiner. La proportion de 3 archers pour une lance ou une demi-lance est générale, mais non absolue. Thomas de Scales est capitaine de Ponlorson, à la charge de 80 hommes d'armes et 240 archers. Dans la portion de ce corps qu'il emmène à Orléans, le même rapport, 3 pour ^, est observé.

Après l'indication d'un nombre d'hommes d'armes se trouvent quelquefois ces expressions : a et les archers i ou ( les archers à l'airérent >. Si un autre document, ou un autre passage dans le même, indique la quantité des archers, c'est toujours la proportion de 3 pour 1.

CepcnilanL en liSS, même en rase campagne, les archers ne comliattent jamais avec les hommes d'armes. Ils formenl des baUilles, comme on tiisail alors, c'esl-à-tlJre des groupes île eombal îmlépendants. Kt il est clair que la cheviileric anglaise, à pied ou à cheval, n'aurait pu coniballre derrière les pieux qu'ils piquaient sur leur fronl, ni traverser cet obstacle (1).

Maison voit île nombreuses exceptions à la règle. Salisbury, entre autres, s'en écarta ; il était autorise k le fay-e. Les troupes d'escorte, celles de surveillance territoriale. Lailliages. garde des chemins et des forêts, peuvent être composées exclusivenienl d'arcliers.

En résumé, dans les corps qui nous sont connus, il ne peut exister d'archers autres que ceux désignés numériquement dans les endentures, nominalivemenldans les montres.

L'existence des pages est prouvée par les chroniques ; celle des coulilliers semble plutôt ;\ rejeter.

Lorsque le nombre des archers n'est pas indiqué, on doit estimer qu'il est le triple de celui des lances. C'est dune le coefficient A qui convient, lequel laisse tes pages en dehors, comme n'étant pas ties coiiibatlants proprement dits.

Ceci posé, nous admettrons volontiers que, pour le malheur de nos provinces, les eiïeclifs ainsi déterminés pouvaient se grossir d'une notable quantité de [larasiles qui n'avaient rien de commun avec les nécessités militaires, pas plus qu'avec le bon ordre, le respect des populations vaincues et la morale (2).

(t) Voir, entre auli'es dioses, le récit ilu la démons Ira lion de Hnntépilluy. (Monstrelet, livre II, chiip. 66.)

(2) La pii^sence de ces parasites el l'inexactilude des uvalunlions ont (til, dans bien des cas, HtneDer les conlemporuins à ^.TDiisir les chiffres outre mesure.

CBAPITRE U

L AUMÉE UE S.VLISBCRY. — PREMIÉE;ES «jPÉKATIOSS

ALTOLR I»ORLÊAN<.

>kOus avons dit qo'aa point où en était parrenoe la conquête, Tobjectif des Anglais devait être roccupation d'un passage solide sur la Loire.

Pour diriger cette opération on 6t choix du comte de Salisbury, qui était alors Tun des plus grands seigneurs (I) et des plus célèbres capitaines de T Angleterre.

Thomas de Montaigu, comte de Salisbury (2), s'était acquis un juste renom pendant la conquête de la Normandie. Il avait reçu le 1^^ juin 1418 la terre et le domaine du Neubourg qui étaient à Yves de Vieux-Pont, celles de Coubon à Charles de Cosnier, de la Rivière de Thibonville, de Yillers ; plus tard le comté du Perche, la terre de Longuy et d'autres sans doute (3).

A la bataille de Gravant, il avait le commandement en chef; il prit part à celte de Verneuil sous les ordres de Bedford.

En 1427 il était retourné en Angleterre en c moult

(1) On a prétendu que ce fut pour les beaux yeux (]*une comtesse de Salisbury que Jcan-le-Boa voulut reprendre sa captivité en Ani^letf^rre, mal^^rê la paix de Bréti^my qui lui avait rendu la liberté.

(2) Dans les pièces publiées par llymer, il est souvent appelé Comte de Sarum, du nom originaire du chef-lieu du Comté que Ton appelait New-Sarum, par opposition à Old-Sarum, le Sorbiodunum des Romains.

(3) Mémoires des Antiquaires de Sormandiey vol. XXllI, 80 et 8.

grans pompes, garni de granOs licliÉccs > (1), qui provenaient de la conquête de la Clixinipugne, du Maine, etc..

LE CORl'S DE iJALlSBURÏ.

Le 24 mars 1428 (n. st.), h Westminster, Salisbui'y sig;aail une endenLure avec les membres du Conseil royal. Son cor[is était très nombreux, organise d'une Taçon complète, comme le montrent l'eniJenlure et la liquidation des droits el perceptions (2), et fut le noyau de son armée.

Le comte devait servir es parties de France el de

(1) Chroiiiijiie de lu Pucclle, ^ÈJJlion de Vallet de Viriville, p. 201.) — Les recettes provenant de <iivers impûls pour Troyes, Huaux. el le pays de Provins étnient abandonnées à Sulisbury, comme augmentation de pension kI pour pourvoir 4 la défense desdils pays. Estimées à 10,000 francs, elles iwavaienl monter A 100,000 francs, soit 73,750 I. t. iStkvenson, 111, [540].)

<2) Rymer a puMîë l'endenlure (I. IV, 4° partie, p. 134). Il paraît svmr un peu francisé la l'édaction : e'est «u moins l'impression qui résulte de la comparaison de son lexle avec celui de Stevenson. Ces dlITérenees sont d'ailleurs sans inipo[lan>:e historique. L'exemplaire qu'il reproduit est sans doute celui qui était entre les mains du Comte, car il porte la signature des Membres du Conseil et du Trésorier el gardien du sceau privé, et non celle de Salisbury.

Stevenson ilome I, p. 403) donne la liquidation et en mOine temps l'enilenlure qui y est transcrite en copie textuelle (comme il est dit note i, p. 409, et note i, p. 414); mais il n corrigé cette copie au moyen de l'un des exemplaires originaux. Nous disons liquidation pour éviter de dire le compte du Comte de Salisbury, el aussi parce que c'est le nom actuel de celte opération de comptabilité. La liquidation est en l.itin. Présentée au roi el à son Conseil, elle fut renvoyée d l'eiamen des Irésorîers, barons et membres de la Chambre de l'Échiquitir, le 16 avril 1430.

Normandie, pendant une demi-année, à partir du 30 juin 1428; et il aurait, ainsi que ses hommes, à l'expiration de ce temps le droit de retourner en Angleterre.

11 devait avoir avec lui : 6 chevaliers bannerels, 34 chevaliers bacheliers, 559 autres hommes d'armes (au total 600) et 1*800 archers, avec faculté de remplacer 1 homme d'armes par 3 archers, jusqu'à concurrence de 200, mais sans augmentation de solde.

La liquidation montre qu'il recruta en réalité : 1 chevalier hanneret, 8chevaliers bacheliers, 440 autreshommes d'armes (au total 450, lui compris) et 2,250 archers : total 2,700.

Au nombre des hommes d'armes, le comte pouvait comprendre quatre maîlres-canonniers, auxquels était attribuée une solde supérieure.

John Parker de Cheslhunte recevait mille marcs slerlings (4,444 1.. 8 s. 10 d. tournois) (1), pour acheter canons, pierres, charrettes, chariots, pinces de fer, cables et autres choses nécessaires pour les canons. A la même époque le roi lui donnait une lettre de service pour réquisitionner tout ce qui serait nécessaire sous ce rapport, partout ou il le trouverait, sauf sur les biens de l'Église, à charge de paiement raisonnable.

Il devait pourvoir de même au transport de ce matériel. Tous les vicomtes, majors, baillis avaient ordre de lui prêter aide et assistance pour cela (2).

Parmi les archers pouvaient être comptés dix mineurs, avec une solde plus forte, et 70 ou 80 ouvriers comme

(i) Pour ce qui concerne les monnaies, nous prions, une fois pour toutes, le lecteur de se reporter au chap. vu.

(2) Rymer, tome IV, 4*^' partie, p. 137.

Cet ordre, évidemment, s'étendait à toute la campagne et non au trajet sur la terre anglaise seulement.

Il paraît certain que les moyens de transpot t, au moins les chc-

charpentiers (t), maçons, faiseurs d'arcs et île flèclies, et d'autres métiers uUllsaltles en campagne, qui seraient payés comme archers, bien que ne sachant pas tirer Tare.

Ces trois catégories repondent bien à nos armes spéciales, artillerie et génie (2).

On trouvera dans le document 1"' quelles ilevaient être la nature et l'origine du personnel enrôlé. Les capitaines placés sous les ordres de Salisbury étaient rendus pécuniairement responsables des paiements faits à des soudoyés admis en dehors de ces conditions; il fallait donc qu'ils eussf?nl participé personnellement au recrutement.

Salishury devait loucher ta moitié de la solde de sa troupe pour la deiui-année, au moment de la signature de l'acte, et l'autre moM le 30 juin, lors de son embarquement pour la France. C'était une dérogation aux usages. On donnera plus loin les autres dispositions administratives.

Par lettres adressées aux vicomtes de Londres, le roi leur prescrivit de faire publier et proclamer dans la cité et les quartiers suburbains que tous les capitaines et soudoyers qui devaient partir avec Salisbury, se rendissent à Sandwich où se ferait l'embarquement. La montre aurait lieu sans doute le dernier jour du mois de juin (3).

ïau»; et coniluclpurs, élaieiil n^uisitionni-s siii' placi' fl pour uni» curlaine ilisliince à parcourir seulement ; et qu'en principe, en territoire non liostile, ils liaient pajiïs. (Voir à l'arllcle des vivres.)

(1) Du mot cliai'p entiers, It^mei' en a Tait doux, chlers el penlers : ce n'est qu'une pKlite erreur de lecture; iiiuîa dans ce recueil, de premier ordre et si précieux, on en trouve de liien plus graves quand il s'agit de Jeanne d'Arc.

(2) Salisbury avait sans doute organisé Ifs ))elitii corps spéciaux dont il est question. Mnia la liquidulion ne le dit pas et n'avait pan h le diri^; il Butllsnit aux liquldaleurii de grouper ttous une dénomination unique tous ceux qui élaienl payés sur le mdme pied.

(3) rtïMEn, tome IV, 4' partie, p. 138.

Le 27 juin, le roi ordonnait à Thomas Kyrell, chevalier, et à Thomas Stokdale de passer la revue de cette troupe qui devait s'embarquer le 30 juin {apud Barham Doune), tant au point de vue de l'armement, qu'à celui de la remonte en chevaux (cquitcUura) (1).

Corps de Rawland Standyssh. — Avaient fait partie de la retenue de Salisbury, Rawland Standyssh, chevalier bachelier, et quelques-uns de ceux qui servirent avec lui en vertu de l'endenture qu'il signa en son nom personnel, le 25 novembre 1428. (Document 2.) En raison du paiement qu'ils avaient reçu par avance au titre de leur ancien corps, ils devaient ne recevoir que la solde mensuelle ordinaire pour quatre périodes de 35 jours, tandis que les autres seraient payés au taux habituel. L'effectif total fut de : 1 bachelier, 29 autres lances, 30 archers.

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