NOS PATRIOTES
pour eux ou pour leurs fils, juifs renégats prêts à trahir leurs compatriotes comme ils trahissent leurs congénères, nous les avons signalés vingt fois au pasr^age. Dans son précieux livre Sous le Sabre, Jean Ajalbert a dressé un commencement de liste ; il n'a malheureusement noté que les gros. Il faudra compléter le travail. Les obscurs gredins ne sont pas toujours les moins venimeux ; leurs noms ignorés ne mettent pas le public en garde contre le mensonge.
Les Patriotes du Parlement, les représentants de Ici France acharnés à couvrir la France d'infamie, méritent qu'on s'y arrête davantage; Ces champions de l'honneur militaire qui frémissent d'enthousiasme en disant : « Notre armée ! » — qui pleurent de tendresse en disant : « Nos petits soldats !» — ne laissent point passer une semaine sans commettre un crime contre la patrie.
C'est eux qui ont souillé le drapeau tricolore en l'associant aux massacres d'Orient et qui ont livré définitivement « nos chères provinces » en reniant le droit des peuples dans un ordre du jour solennel. C'est eux qui font périr par milliers « nos petits soldats » dans d'abominables expéditions, pour leurs concessions de mines et pour leurs scandaleux contrats de transports. C'est eux qui empoisonnent par centaines « nos petits soldats » avec les farines et les viandes gâtées qu'ils achètent
comme gouvernants, et qu'ils vendent comme fournisseurs. C'est eux encore qui font assassiner à Fourmies, par « nos petits soldats » du jour, « nos petits soldats » de la veille, quand ils ont repris la blouse et le bourgeron.
Patriotes, ils ont détruit la marine marchande et ruiné le commerce d'exportation, sources de la richesse française, pour appliquer leur Pacte de famine. Ils ont livré la marine de guerre, pour des pots-de-vin, à la rapacité des grands métallurgistes. Ils ont sacrifié la défense nationale dans toutes les conventions qu'ils ont passées depuis vingt ans avec les puissantes Compagnies de finance ou de transport sur terre et sur mer. Les canons, les cuirasses, les projectiles qu'ils fabriquent « patriotiquement » pour la France, ils les offrent au même prix ou moins cher à l'Angleterre et à l'Italie. Ils prennent des millions par dizaines dans les poches des travailleurs français, pour permettre aux raftineurs, par des primes d'exportation, de faire payer le sucre quatre fois meilleur marché à Londres qu'à Paris.
Patriotes, ils ont souscrit à tous les emprunts que contractait l'Italie p<;)ur armer contre la France. Patriotes, ils obéissent à tous les ordres de la finance internationale, ils sont au Parlement les humbles valets de Rothschild, ils ont conclu avec Rothschild des pactes financiers qu'ils interdisent à
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la nation de connaître. Ils ont fait de la Banque, trésor de guerre national, une dépendance de la maison Rothschild, un fîef de la famille francoaustro-anglo-allemande des Rothschild.
Patriotes, ils font pervertir le jugement et corrompre l'âme du peuple par des feuilles à tirage immense, qui sont entre les mains de gens que le dernier garde des sceaux appelait des naturalisés d'hier, des demi-étrangers. Et de vagues rastaquouères, aux noms exotiques, apprennent aux Français de France comment ils doivent aimer leur pays.
Mais voilà toute une horde, encore, de Patriotes, qui sort des sacristies et des couvents. Ils avaient pour prophète le comte de Mun ; désormais, ils ont pour prophète en second le marquis de Rochefort. Leurs journaux célèbrent la piété que montra Tédi liant Brididi, quand il tenait le jeune Hugo sur les fonts baptismaux, ou quand il perpétrait sa première série de mariages. Ces Patriotes noirs, enragés contre les contempteurs d'Esterhazy et les détracteurs du Mouton de Boisdeffre, ont leurs « généraux » à Rome. Ils obéissent aveuglément à des Italiens, à des Allemands. Naguère, ils exécraient la République. Du jour au lendemain, tous à la fois, sur un mot d'ordre venu de l'étranger, ils se sont déclarés républicains. Ils sont entre les mains de leurs chefs, suivant la constitution des
Jésuites, jisrinde ac baculus, perinde ac cadaver. Us trahiront demain la France comme ils ont trahi tous les partis assez fous pour se lier à eux.
A ces diverses catégories de Patriotes qui nous donnent des leçons de patriotisme, à l'Internationale des exploiteurs et des affameurs, à l'Internationale de la finance, à Flnternationale papiste, s'ajoute llnternationale du sabre. Elle mérite un chapitre spécial.
Accusé par M. Millevoye d'être vendu à l'étranger, le sire de Rochefort écrivait dans V Intransigeant :
Il est d'une réelle importance que le pays sache quels sont les Français capables de lancer contre d'autres Français une accusation abominable que les accusateurs savent notoirement fausse.
Si l'on ne fait pasjustice de ces coquins-là, tous ceux qui gêneront leurs combinaisons seront exposés à subir le même assaut.
Très bien.
M. Le Mouton de Boisdeffre et sa séquelle, pour ne pas rendre au pays les comptes qu'ils lui doivent, ont fait crier sans relâche que nous étions de mauvais patriotes. Ils nous ont infligé le pire outrage que puisse essuyer un Français. Cela se paye *.