DE LA SIMPLICITÉ ET DE LA FIXITÉ DANS LES RÈGLES
Une armée doit être une machine solide et simple qu'un ouvrier ordinaire puisse réparer et entretenir.
(Le général de division comte Mora.mi, du premier Empire.)
J’ai dit ailleurs que « le mécanisme des armées était formé <le rouages multipliés et très-divers, dont la condition la plus importante est de fonctionner dans l’harmonie. »
Pour que des rouages multipliés et très-divers fonctionnent ensemble dans l’harmonie, il faut que chacun d’eux en particulier, soit simple et fonctionne simplement ; autrement, l’inévitable
complication du tout s’augmentant de la complication des parties, le trouble devient fréquent.
Les armées, on l’oublie trop souvent, sont faites pour la guerre, et cette grande loi de la simplicité s’impose impérieusement à tous les faits qui règlentd’existence et l’action des troupes en campagne. Là, tout ce qui n’est pas simple, n’est pas possible *. Les plus ingénieuses, les plus brillantes inventions de la paix, celles qui séduisent le plus les yeux et les esprits, parce qu’elles ont réussi dans la garnison, échouent misérablement dans la guerre, quand elles manquent de simplicité et quand la pratique ne les a pas conseillées.
.le reproche à l’armée française d’avoir perdu de vue cette loi. A force de recherches, d’innovations et de rénovations, dans une pensée de perfectionnement qui semble n’étre jamais satisfaite, elle a rencontré la complication. Les divers services ont cessé d’être conduits par ces règles
\ . c II m’a dit, qu'il n’y avait de bon à la guerre que ce qui était simple. » — (Conversation du grand Frédérie avec le comte de Gisors (1734), rapportée dans une lettre de ce dernier au maréchal de Belle-lsle, son père.)
( Mémorial du dépôt de la guerre, tome JV, page 406.)