RÉFLEXIONS* SUR ^AVANCEMENT DANS
Trop d’hommes incapables arrivent au •omraet dans l’armée....
Le maréchal Bugeaud au roi.
(Lettre autographe du 2 juin 1846.)
Je crois avoir démontré (jeunes soldats , vieux soldats — les grognards de l’Empire) que la loi des renouvellements s’impose expressément au personnel de l’armée française, et qu’elle est pour cette armée comme pour la société française, en raison de leur étroite solidarité, un besoin et une force.
1 . Dans l’armée française qui a de solides principes d’honnêteté, nous administrons tout, armement, sul>-
100 RÉFLEXIONS SUR l’aVANCEMENT
J’entre à cet égard, spécialement pour la composition des corps d’officiers et de l’état-major général, dans quelques développements, car des principes et des faits qui aboutissent dans une armée «à la constitution du commandement , ont une importance de premier ordre.
Les imaginations françaises sont vives, mobiles, avides de changement. Dans l’armée, cette disposition des esprits a pour aliment principal certaines doctrines que la tradition militaire, qui est fort démocratique, a consacrées. 11 demeure entendu, par exemple, que « tout soldat français porte au fond de sa giberne un bâton de maréchal de France. »
En réalité, les soldats savent bien que cette haute fortune n’échoit qu’à une imperceptible minorité de favoris du sort, mais chacun a cet
sistances, habillement, équipement, etc., avec un luxe incroyable de soins et de précautions contre le dot ou contre l’erreur. Le nombre des opérations de vérification et de contrôle qui ont pour but de justifier , est infini.
La distribution de l’avancement, pierre angulaire de l'édifice militaire, ne motive pas tant de préoccupations ni de soins. Ses régies offrent de suffisantes garanties aux personnes, mais non pas à l’État et au pays, qui ont à la bonne constitution du commandement un si haut intérêt.
dans l’armée FRANÇAISE. |.<)7
aphorisme présent' à la pensée, et s’en fait application dans la proportion de ses visées et de sa position, du grade le plus humble au grade le plus élevé. Il existe conséquemment parmi nous un très-vif courant de préoccupations ambitieuses, entretenues et exagérées, comme je l'ai dit, par les exemples d’avancement extraordinaire qui sont dus à la guerre ou à des circonstances d’exception. C’est un devoir de prudence et de sagesse pour l’État, de tempérer ces tendances par les moyens d’enseignement moral dont il dispose. Mais, en meme temps, c’est une nécessité pour lui de leur ouvrir toutes les issues possibles, et de leur assurer toutes les satisfactions légitimes, afin d’entretenir les ardeurs et l'émulation qui forment le ressort des armées. Dominant l’ensemble de ces besoins et de ces vues, apparaît l’intérêt fondamental de l’État, du pays et de l’armée, qui est de créer, par ce grand mouvement de personnes, des cadres vigoureux, de bons officiers, des chefs de corps expérimentés, des généraux capables de former les troupes et de les commander dans la guerre. Mais, pour atteindre de tels résultats, il ne faut laisser au