DE LA DISPERSION DES TROUPES, ETC
guerre , et deviendra t aptitude pré ponde r an te des armées? Ce serait l’un des plus sûrs moyens de fonder la qualité des troupes, d’apprendre au public à la juger, de nous déshabituer des préoccupations de quantité qui semblent nous dominer quand nous avons à constituer la
guerre.
DE L’ADMINISTRATION DE l’aRMÉE.
Od perd de vue dans la paix Iff exigences de la guerre, et on fait les armées pour la paix.
(Maréchal Bugfaui».)
De celte grande question, dont l’exposé et la discussion approfondie comporteraient un volume, je ne dirai que quelques mots, mais ils exprimeront toute ma pensée sur l’erreur où nous sommes tombés en matière de constitution administrative militaire.
Les principes et le mécanisme particuliers qui assurent dans la paix satisfaction aux besoins des armées, ne se heurtent jamais à de sérieuses
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difficultés, et l’on peut dire que, quels qu’ils soient, ils remplissent leur objet. Là tout peut être réglé, et les plus grands accidents de cette direction d’afiaires, se bornent à un contentieux d’une importance secondaire.
Les principes et le mécanisme qui assurent l’existence des armées opérant devant F ennemi, sont compliqués à l'infini et variables comme les événements. Là tout est imprévu , pressant , et les difficultés ne marchent guère sans les périls. Les règles ordinaires sont insuffisantes ou sans application possible. Il faut y suppléer par l’esprit d’initiative, le bon sens, l’activité et, avant tout, par T expérience des affaires, car il ne s’agit plus de recueillir des ressources qui existent, d’en régler et d’en contrôler l’emploi, il s’agit le plus souvent de les créer. Assurément, si comme le dit l’adage populaire, et comme j’en suis convaincu , il faut pour être bon forgeron, avoir forgé toute sa vie , il faut, pour être bon administrateur d’armée, avoir passé sa vie tout entière dans F étude et dans la pratique des affaires. Je retiens ce premier axiome et je montrerai tout à
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l’heure qu’il est aujourd’hui absolument méconnu.
De cette différence infinie qui existe entre l’administration militaire dans l’état de paix et l’administration militaire dans l’état de guerre, il résulte que les armées dont la constitution administrative s’est le plus approchée de la perfection, ont été, dans tous les temps, celles qui après avoir beaucoup souffert et beaucoup expérimenté dans une longue période de guerres difficiles, avaient mis à profit, dès la conclusion de la paix, alors que tous les esprits en étaient encore pénétrés , les enseignements qu’elles avaient recueillis. En France, après les cam- . pagnes de la République et de l’Empire , des hommes dont l’expérience était considérable, se réunirent pour doter l’armée d’un système d’administration militaire dont les principes et le mécanisme avaient une haute valeur pratique en vue de la guerre. Les livres cju’ils ont écrits, les règlements qu’ils nous ont laissés, sont restés classiques et entourés parmi nous d’une autorité qui fait loi, bien que, dans une période de quarante ans de paix, nous ayons