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introduit dans cet ensemble de profondes modifications. C’est encore et exclusivement dans ces livres et dans ces règlements, que les officiers et les sous-officiers qui aspirent aux emplois de l'administration militaire contemporaine, puisent toute la science théorique dont ils sont tenus de faire preuve devant un jury d’examen.
Dans le système de ces grands administrateurs, la direction et le contrôle des divers services fonctionnaient ensemble sans être confondus. L’exécution avait un rôle particulier dont elle bénéficiait directement par voie d’abonnement ou, si l’on veut, d’entreprise, et qui était absolument distinct dans l’ordre des personnes comme dans l’ordre des faits. Directeurs, contrôleurs, exécuteurs étaient des hommes d’affaires, initiés aux affaires dès leurs premiers pas dans la carrière, et préparés de longue main à leurs fonctions dans les armées par des travaux, des échanges, des contacts spéciaux de toute sorte*. Ils vivaient, dès l’âge de dix-huit à vingt ans, dans l’atmosphère générale des transactions
1 . Les fonctionnaires de l’intendance et les agents des services administratifs, débutaient dans la carrière en qua-
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— negotia — appliquées particulièrement à l’administration des armées, et ils y terminaient leur carrière.
Dans le système qui prévaut aujourd’hui, tous ces fonctionnaires, sans exception, avant d’aborder le terrain des affaires, ont été pendant de longues années, les années de la jeunesse — celles-là pendant lesquelles les hommes étudient, et apprennent le plus fructueusement — officiers et sous-officiers dans l’armée ! Un examen par-devant un jury, leur tient lieu de dix années, de quinze années de pratique et d’expériences professionnelles! que dis-je? de trente et quarante années de cette pratique et de cette expérience, puisque nous voyons des généraux de brigade, le plus souvent à la dernière heure de leur carrière, devenir intendants généraux, c’est-àdire régulateurs pour la prochaine guerre, de l’existence de nos armées en campagne !
On chercherait vainement, je pense, dans l’échelle des fonctions publiques françaises, un aussi étonnant exemple d’erreur.
lité d'élèvès, étudiant dès la jeunesse la spécialité où ils devaient rester toujours.
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L’administration militaire française est parlaitement honorable, la plus honorable, je le crois fermement, de toutes les administrations d’armée en Europe. Justice entière est due à son zèle et à ses efforts, mais elle n’a pas été constituée en vue des besoins de la guerre où, à quelques égards, elle fonctionne à contre-sens. Pendant la campagne d’Italie nos divisions ont souvent manqué de pain, dans l’une des contrées qui en produisent le plus, car son agriculture est merveilleusement riche. Le biscuit manquant également, on remplaçait l’un et l’autre par la farine de maïs (la polenta) qu’apprécient les paysans indigènes, que repoussaient nos soldats, et dont ils ne savaient pas tirer parti. A ce sujet, nous avons eu avec eux des jours difficiles, quelquefois, devant l’ennemi, des jours d’angoisse. C’est que nous avions perdu de vue ce grand principe consacré par tant d'années de guerre que « la division est, dans une armée, la grande unité administrative, comme elle est la grande unité du combat ; qu’il faut qu’elle ait en ellemême, dans les contrées qui ne sont pas dépourvues de ressources, tous les moyens de vivre par
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elle-même, comme elle a tous les moyens d’attaquer et de se défendre ; que faire dépendre sa subsistance dans un pays couvert de riches villages et remplis d’abondantes réserves, des envois faits par l’administration du corps d’armée auquel elle appartient et qui est on ne sait ou, c’est manquer à toutes les règles de l’expérience et du bon sens; c’est abandonner au hasard les plus grands intérêts de la guerre,
« Si les officiers comptables des divisions « avaient l’habitude des transactions ; s’ils « étaient en rapports continuels avec les pro- * ducteurs ou détenteurs, opérant l’argent à la « main , disposant par conséquent d avances « toujours suffisantes pour entretenir autour « d’eux, par des traités et sous-traités, un cou- « rant permanent d’achats et d’apports; les « divisions qui souffrent et dont l’action est com- « promise, vivraient partout largement et écono- « iniquement. L’intendance divisionnaire, sous « la délégation du commandement, dirigerait ;< ces opérations et les contrôlerait*. »
i . Rapport d’un divisionnaire de l’armée d’Italie (extrait des Archives officielles du dépôt de la guerre ),