VIE MILITAIRE
l/âge avec les cheveux blancs était venu, remplaçant la fougue des jeunes années par la sérénité calme et sure d’elle-même qui impose à tous le respect. Quelle distance entre le député batailleur de 1 834, plein de courage civil , mais plein de rudesse, et le vieux maréchal qu’une nouvelle génération retrouvait en 1849 ay premier rang des défenseurs de l’ordre en péril ! C’est alors qu’il prononçait dans l’assemblée, quelques jours avant sa mort, au milieu de la tempête des passions politiques, et en s’adressant aux siens, ces belles paroles qui resteront acquises à l’histoire comme une grande leçon :
« Les majorités sont tenues à plus de modération que les minorités. »
Le maréchal Bugeaud écrivait et parlait avec une remarquable facilité, avec une éloquence entraînante, inégale quelquefois, toujours originale, pittoresque, imagée. Sa parole, quand il haranguait les troupes sous l’empire d’une grande passion et d’une grande conviction, atteignait à des hauteurs imprévues. Lequel d’entre nous n’a encore la mémoire et l’âme remplies de ce distroupes, les mains réunies derrière le dos, la canne passée sous le bras gauche, la tète inclinée dans l’attitude de la réflexion. Les soldats à qui il était cher, disaient : « Voilà le père la pensée. » Le surnom lui en resta parmi eux.