DU MARÉCHAL BUGEAUD. IX
cours cligne de Tacite par la grandeur des aperçus et par la sobriété du langage, où il nous annonça, le soir du 13 août 1844, dans l’Ouerdefou, à la lueur des torches, sa ferme résolution de livrer bataille le lendemain à Isly ! Les soldats saisis d’enthousiasme bordaient les escarpements des deux rives , et quatre cents officiers pressés au fond de l’étroite vallée, acclamaient palpitants leur général dont la haute taille et la voix retentissante dominaient toutes les tailles et toutes les voix. Quelle grande scène militaire ! Quelle énergique et intelligente démonstration il nous fit entendre, de l’invincible supériorité dans le combat, des petits groupes organisés, sur les grandes masses dépourvues d’organisation , à la condition d’une ferme attitude inspirée par la conscience même de cette supériorité ! Nous fûmes tous persuadés , entraînés. Nous vîmes se resserrer étroitement entre notre chef et nous , sous l’influence de cette parole qui prouvait la victoire , des liens de solidarité et de confiance qui disaient assez ce que serait la journée du leudemain.
J’ai -eu l’inappréciable fortune de vivre dans l’intimité militaire du maréchal Bugeaud à l’âge