Autre locution qu’affectionnait le maréchal
î. Id.
‘ M 2 les armées m campagne.
« parmi nous trouvait, en son fond, que Tenet netni était bien lent à faire feu, et calculait h qrte ce feu si longtemps contenu, serait tout « à l’heure très-incommode. Nos ardeurs s’at- « tiédissaient. L’influence morale, irrésistible e à la guerre, du calme qui semble inébrair- « labié ( alors même qu’il ne l’est pas) sur le « désordre qui s’étourdit dans le bruit, pesait « sur nos âmes.
« A ce moment de pénible attente, la muu raille anglaise faisait un quart de conversion « (elle apprêtait les armes). Une impression < f indéfinissable fixait sur place bon nombre de « nos soldats qui commençaient un feu in- * certain. Celui de l'ennemi plein d’ensemble a et de précision nous foudroyait 1 . Décimés, « nous tournions sut nous-mêmes , cherchant « à ressaisir notre équilibre, et alors trois hurrahs « formidables rompaient enfin le silence de nos
i . Le maréchal tenait le feu de l’infanterie anglaise pour le mieux ajusté qui fût. Elle a encore aujourd’hui, sous ce rapj>ort, une réputation méritée qu’avaient avant elle au plus haut degré les archers anglais du moyen âge. Elle est expliquée dans tous les temps par le sang-froid particulier, qui va jusqu’au flegme, des hommes de cette race.
LES ARMÉES EW CAMPAGNE. *245fr
a adversaires. Au troisième, ils étaient sur nous, « pressant notre retraite désordonnée. Mais, à « notre grand étonnement, ils ne poussaient « pas leur avantage au delà d’une centaine de « mètres, et rentraient calmes dans leurs lignes, « pour attendre un deuxième assaut , qu’avec « des renforts survenus, nous manquions ra- « rement de tenter, dans les mêmes conditions, « et trop souvent avec le même insuccès et de « nouvelles pertes. »
Que conclure de ce tableau saisissant, présenté par un homme sincère qui, resté grenadier de la grande armée, tout maréchal de France qu’il fût devenu, avait consacré sa vie à l’observation philosophique des choses de la guerre, et cherchait à former l’expérience de la jeunesse qui l’entourait ? C’est que l’enthousiasme qu’il appréciait fort, et que sa parole ardente et confiante savait -si bien communiquer aux troupes, n’est une force qu’autant qu’il est opportun, contenu, réglé; qu’il doit se traduire par la résolution dans l’attitude et dans l’action.
L’armée d’Isly, impressionnable et ardente autant qu’aucune armée française, a montré.
comme je l’ai dit ailleurs, que la nature de uos soldats peut se plier, quand on sait l’y contraindre par f éducation, à toutes les exigences du bon ordre, de la méthode et de la règle dans le combat.