l8 DES PANIQUES
rait dire presque impossible, de faire prévaloir parmi les foules, se réalisent au milieu d’elles avec une rapidité et avec un ensemble inouïs, quand leur sécurité est soudainement troublée par le sentiment d’un péril imprévu auquel elles éprouvent le besoin de se soustraire. Ce phénomène a pour origine, un double instinct qui existe chez tous les hommes, qu’ils soient énergiques ou timides, et, presque au même degré, chez tous les animaux. C’est l’instinct de la conservation combiné avec celui de l’imitation.
Une foule dont les différentes individualités n’ont entre elles aucun rapport et aucun lien, des curieux par exemple, cheminent vers un but. La tête de colonne, sous l’empire d’une terreur imaginaire ou motivée, se retourne violemment et fuit. Le milieu et la queue de celte colonne qui u’ont rien aperçu, qui ne peuvent rien saisir de la cause de cette volte inattendue, se retournent violemment et fuient à leur tour, comme poussés par la force invincible d’un propulseur magnétique.
Des chevaux livrés à eux-méraes sont groupés dans une prairie. L’un d’eux prend peur, fait