‹ L'Armée française en 1873Chapitre 52 sur 85 · ENCOMBREMENTS A MARSEILLE ET A TOULON · texte numérisé non relu

ENCOMBREMENTS A MARSEILLE ET A TOULON

Au moment de la mobilisation, le mouvement difficile des troupes de l'Algérie et de la Corse sur la France avait été préparé : il s'est effectué régulièrement. Il n'en a pas été de même de celui des réserves venant de France pour rejoindre les corps placés en Corse et en Algérie. Il était inattendu; rien n'était préparé pour l'accomplir. Il en est résulté que pendant que leurs camarades combattaient au mois d'août, plusieurs milliers de

soldats encombraient les rues de Marseille et de Toulon, en uniformes débraillés, sans armes ni organisation, en un mot absolument inutiles.

L'encombrement n'était pas encore absolument dissipé à la fin de septembre.

Voilà les faits dans leur déplorable réalité. Il ne faut pas se faire d'illusion, ils se reproduiraient demain.

Ces conséquences fatales n'ont pas été vues également partout; elles ont pu être constatées par ceux-là surtout qui n'ont pas fait partie des armées parties les premières. C'est à eux qu'est incombée la tâche de lutter avec des soldats mal organisés contre l'armée ennemie victorieuse, et de ne pas trouver autour d'eux le personnel qui en aurait rendu l'emploi efficace. — La première partie de la guerre s'est faite avec des cadres excellents, sans un nombre suffisant de soldats; la seconde, avec des soldats qui n'auraient pas été inférieurs à leurs camarades si l'on avait pu les encadrer comme il l'aurait fallu.

On peut faire appel aux agents des chemins de fer et à ceux qui ont vu de près les grandes difficultés de la mise en route, et l'on restera convaincu qu'on n'y remédiera qu'en modifiant une organisation défectueuse.

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