DE LA GARDE NATIONALE SEDENTAIRE
Il y aurait bien des choses à dire sur la garde nationale sédentaire , dont les bataillons mobilisés sont venus, dans certaines circonstances, lors de la dernière guerre, former un appoint aux lignes de l'armée régulière et de la garde mobile.
Force très-contestée par les uns, très-défendue par les autres , qui voyaient l'efficacité de son action dans les événements de 1792 et de 1814, elle n'existe plus aujourd'hui, et nous approuvons pleinement sa suppression. On peut bien lui rendre justice en affirmant qu'il s'est trouvé dans
ses rangs des dévouements admirables; d'ailleurs nul ne le conteste : mais il faut avouer, pour se conformer à la vérité , que son action a été inefficace sur le champ de bataille.
Il n'y a pas lieu de discuter ce jugement, auquel la loi vient de donner raison; il est un seul fait sur lequel il faut insister, parce qu'il vient à l'appui de tout ce que nous avons dit : elle a été prête trop tard. Dans Paris , place de guerre assiégée , centre des ressources de toute la France, les premiers bataillons n'ont pu se montrer à l'extérieur avant la fin de novembre. Ce n'est que le 21 décembre qu'un ensemble de bataillons a pu entrer en ligne, mais l'organisation ne s'est terminée que lorsque la fin d'un siège de quatre mois et demi la rendait inutile. Ce n'est pas le zèle ni la bonne volonté , ce n'est pas l'activité et le dévouement de quelques-uns qui ont fait défaut, c'est l'institution elle-même qui était défectueuse.