‹ L'Armée française en 1873Chapitre 66 sur 85 · APPROPRIATION DES GARES AUX TRANSPORTS MILITAIRES · texte numérisé non relu

APPROPRIATION DES GARES AUX TRANSPORTS MILITAIRES

Ce qui vient d'être dit regarde surtout la direction des transports militaires, qui, pour donner plus d'efficacité à ses ordres , est forcée de les transmettre avec plus de détails que par le passé, et doit par conséquent se mieux informer près des Compagnies.

Il semble que les travaux d'appropriation des gares de départ doivent être demandés aux Compagnies , au besoin en contribuant à leur exécution.

Le premier soin doit être de faire une étude exacte des gares, du moins des plus importantes, de connaître parfaitement le nombre des voies de garage, l'étendue des quais d'embarquement, les différents chemins d'accès et la largeur de toutes les issues. Enfin il faut savoir l'importance du matériel d'embarquement , ponts pour charger les trucs et wagons à chevaux, plaques tournantes, aiguilles, rampes, etc.

L'entente de l'autorité militaire avec les Compagnies doit s'exercer dans l'esprit suivant :

Connaissant la force de la concentration partielle qui s'opère à chacun des chefs-lieux de département, la gare de ces chefs-lieux, s'il en existe, ou bien une gare bien choisie située le plus près possible du point de départ, doit être pourvue à l'avance des moyens d'embarquement nécessaires pour le service militaire. Les gares de chemins de fer n'ont pas toujours une importance proportionnée à celle de la localité qu'elles desservent. Les bifurcations principales, telles que celles de Creil et Tergnier sur la ligne du Nord, le Mans sur l'Ouest, Orléans et Vierzon vers le Sud, Tarascon dans le Midi, ont une importance bien

supérieure à la ville dont elles portent le nom. Autrefois les nœuds de route étaient très-importants pour l'étude militaire ; maintenant , les grands nœuds de chemins de fer le sont encore plus.

Les mesures résultant de la nécessité de remédier aux difficultés qui ont été signalées, sont les suivantes : 1° Occupation militaire immédiate de toutes les gares destinées à servir de points d'embarquement par une force suffisante pour garder toutes les issues et contenir les grandes masses d'hommes. 2° Etablissement simultané d'un bureau de renseignements militaire, chargé de désigner à chaque chef le quai d'embarquement affecté à sa troupe et le matériel mis à sa disposition. Ce bureau devra avoir par avance une prison destinée à enfermer immédiatement tout homme se présentant isolément. 3° Détermination exacte, par un règlement fait en commun entre l'administration de la guerre et celle des travaux publics, et rendu obligatoire, des devoirs et des droits respectifs des commandants de troupe et des chefs de gare. 4° Recherche, avant toutes choses, de l'ordre et du calme dans l'opération déjà si difficile du départ.

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