‹ L'Armée française en 1873Chapitre 73 sur 85 · voitures a bagages. l · texte numérisé non relu

voitures a bagages. l

64,480 coups, soit 206 coups

3° Pour 104 batteries de calibre 12 montées (réserve d'artillerie) :

520 officiers, — 20,280 hommes, — 17,680 chevaux;

624 canons montés sur affût, avec avant-trains;

104 affûts de rechange; , ~,0 , , I Ce matériel porte 4,472 cof-

l,z4o caissons a 4 roues; \ .

fres de munitions contenant

80,496 coups , soit 145 coups

par pièce.

208 chariots de batterie ; 104 forges de campagne ; 104 voitures à bagages.

Le total est de :

2,880 officiers, — 79,800 hommes, — 74,395 chevaux; 2,826 canons des calibres 4 et 12 , montés sur affût, avec avant-trains ;

471 affûts de rechange; 4,709 caissons à 4 roues;

1,470 caissons à 2 roues pour les munitions d'infanterie; 1,047 chariots de batterie;

471 forges de campagne;

576 charrettes à bagages.

GÉNIE

Les 17,010 hommes du génie forment 100 compagnies à 170 hommes chacune, avec 2 voitures au moins d'outils par compagnie , soit environ 200 voitures et 800 chevaux.

SERVIGES AUXILIAIRE?.

Les 49,220 hommes destinés aux services auxiliaires ne paraissent pas en ligne et doivent fournir les ordonnances d'officiers, le personnel et le matériel destinés aux transports des munitions, des vivres, des ambulances de campagne.

Pour le moment, il n'y a lieu de s'occuper que de la troupe qui entre en ligne; le reste lui est forcément subordonné.

Manœuvres .

Pour se rendre compte des difficultés que présente le mouvement d'un tel nombre d'hommes, il ne faut pas oublier que jusqu'ici aucun homme de guerre ne l'a fait, et n'a engagé sur un seul champ de bataille une aussi immense armée. Si cette entreprise devient possible , ce ne sera que grâce à la grande amélioration des chemins dans les pays civilisés, aux chemins de fer et au télégraphe.

Il est facile de s'en rendre compte en supposant que, par une conception impossible et inutile, on veuille ranger les troupes en bataille sur une seule ligne ; elles occuperaient un front immense :

L'infanterie 146 kilomètres »»

La cavalerie 46 — 300

L'artillerie (avec des pièces à 12"

d'axe en axe) 37 — 700

Le génie 5 — »

Total 235 kilomètres »

Il y aurait alors 59 lieues de la droite à la gauche.

Si Ton voulait mettre en marche sur une seule route une aussi immense colonne , on arrive à des résultats bien plus difficiles encore.

L'infanterie pourrait peut-être, à force d'ordre, maintenir ses distances et n'occuper qu'une distance égale au front de sa ligne de bataille ; mais ses bagages y ajouteraient au moins 15 kilomètres. La cavalerie, marchant en colonne par quatre, s'allongerait sur 77 kilomètres; ses bagages occuperaient 11,600 mètres.

L'artillerie, avec ses voitures, prendrait un espace beaucoup plus grand ; la colonne aurait une longueur de 138 kilomètres.

Le génie , avec ses voitures , s'étendrait sur environ 10 kilomètres.

La longueur totale de cette interminable colonne ne serait pas de moins de 398 kilomètres. En doublant les voitures, ce qui n'est pas toujours possible, à raison des défilés qui se rencontrent, on réduirait peut-être la longueur à 324 kilomètres. Et encore il n'est pas question du service des vivres, des ambulances, des parcs de réserve, de l'artillerie et du génie, des pontonniers, etc.

Voilà quelles sont les difficultés pratiques du problème que l'on traite si légèrement quand on parle d'une armée de 800,000 hommes. En sup-

posant trois lignes successives de troupes et dix routes parallèles , il y a encore un front de 20 lieues et une longueur pour chaque colonne de 40 kilomètres. Les chiffres qui sont donnés ci-dessus peuvent s'accroître de tous les incidents de la marche. Ils ne peuvent pas être réduits. Il faut donc les accepter ; ils dépendent de la nature même des choses, et doivent être considérés comme pouvant servir de base à l'étude.

Transport en chemin de fer.

C'est une question bien autrement compliquée que celle du transport en chemin de fer d'une semblable armée : il faut cependant en établir les conditions générales.

INFANTERIE

Le poids à transporter représente environ 54,881 tonnes, savoir :

13,510 officiers 1,183 tonnes 09

558,039 hommes de troupe 48,541 — 43

7,141 chevaux de selle et de trait. . 2,941 — 32 1,509 charrettes à bagages 2,215 — 64

Total. . . . 54,881 tonnes 48

Ce mouvement nécessite 579 trains de 33 à 35 voitures, sans la locomotive, savoir :

579 locomotives ; 1,158 wagons à bagages, à freins; 579 wagons mixtes pour les officiers; 15,440 wagons de 3e classe à 30 places pour le transport de la troupe; 1,158 wagons à bestiaux pour le transport des chevaux ; 1,158 trucs pour le transport des voitures;

Total : 19,493 voitures et 579 locomotives.

Le poids mort de ces wagons est d'environ 97,465 tonnes.

Tel est le mouvement de l'infanterie réduit à sa plus simple expression, car il suppose tous les trains partant à plein chargement.

Pour opérer l'embarquement simultané , il faudrait une longueur de quais d'environ 142,514 mètres !.

Il n'en faudrait pas moins pour le débarquement.

CAVALERIE

Le transport de la cavalerie est un peu plus difficile ; le poids à transporter est de 56,629 tonnes 75 :

Sur lesquels 8,106 mètres occupés par les locomotives.

5,945 officiers, avec 5,655 ordonnances. . 901 tonnes 90

41,180 hommes en wagons 3,516 — 25

40,455 gardes d'écurie, avec 92,945 chevaux 47,445 — 45

8,700 hommes, avec 92,945 selles. . . . 3,814 — 95

1,160 voitures à bagages 951 — 29

Total 56,629 tonnes 75

Pour l'effectuer, il faut 580 trains de 29 à 32 voitures, sans la locomotive, c'est-à-dire :

580 locomotives ; 1,740 wagons à bagages pour les selles, et 5 hommes chacun ; 580 wagons mixtes pour le transport des officiers et ordonnances ; 1,305 wagons de 3e classe à 30 places, pour les hommes de troupe voyageant seuls ; 13,485 wagons à bestiaux, pour le transport des chevaux et des gardes d'écurie; 580 trucs pour le transport des voitures.

Total : 17,690 voitures et 580 locomotives.

Le poids mort de ces wagons est d'environ 88,450 tonnes.

Tel est le mouvement minimum, car il suppose tous les trains partant à plein chargement.

Pour opérer l'embarquement simultané, il faudrait une longueur de quais de 129,427 mètres ', et 14,065 ponts.

1 Sur lesquels 8,120 mètres seraient occupés par les locomotives.

Il ne faudrait pas moins d'espace et de matériel pour le débarquement.

ARTILLERIE

Le transport de l'artillerie est le plus considérable : le poids est de 63,192 tonnes 03, savoir : pour 315 batteries de 4 montées , 40,793 tonnes 35 :

2,100 officiers, avec 4,725 hommes. . . 555 tonnes 45

23,730 hommes en wagons 2,040 — 15

20,475 gardes d'écurie, avec 47,355 chevaux 25,916 — 10

2,520 hommes, avec 47,355 selles. . . . 1,255 — 80

8,190 voitures, pièces, caissons, etc. . . . 11,026 — 05

Total 40,793 tonnes 55

Ce mouvement représente 420 trains de 30 à 31 wagons, savoir :

420 locomotives;

840 wagons à bagages , à freins , pour le transport

des selles et des hommes; 420 wagons mixtes pour les officiers et des hommes; 735 wagons de 3e classe, à 30 places, pour leshommes ; 6,825 wagons à bestiaux pour les chevaux et les gardes

d'écurie; 3,885 trucs pour le transport des voitures.

Total : 12,705 véhicules traînés par 420 locomotives.

Le poids mort de ces voitures est de 63,525 tonnes.

Pour 52 batteries de 4 à cheval, 7,068 tonnes 88, savoir :

260 officiers avec 624 hommes 71 tonnes 76

3,536 hommes en wagons 299 — »»

3,588 gardes d'écurie, avec 9,360 chevaux. 5,076 — 76

312 hommes, avec 9,360 selles ou harnais. 244 — 92

988 voitures, canons, caissons, etc. . . . 1,376 — 44

Ce mouvement représente 78 trains de 27 à 28 voitures.

78 locomotives; 104 wagons à bagages , à freins , pour les selles , harnais et les hommes ; 52 wagons mixtes pour les officiers et des hommes ; 104 wagons de 3e classe, à 30 places, pour les hommes ; l,352^wagons à bestiaux pour les chevaux et les gardes d'écurie; 520 trucs pour les pièces et voitures.

Total : 2,132 véhicules traînés par 78 locomotives.

Le poids mort de ces voitures est de 10,660 tonnes.

104 batteries de 12 montées représentent 15,329 tonnes 60, savoir :

520 officiers avec 1,248 hommes. . . . 143 tonnes 52

10,816Ahommes voyageant seuls 929 — 76

7,592 gardes d'écurie, avec 17, 680chevaux. 9,666 — 80 624 hommes , avec 17,680 selles ou

harnais 396 — 24

2,392 voitures 4,193 — 28

Ce mouvement demande 156 trains de 31 à 32 voitures, savoir :

156 locomotives ;

208 wagons à bagages , à freins , pour les harnachements et les hommes ; 104 wagons mixtes pour les officiers et des hommes; 312 wagons de 3" classe, à 30 places, pour les hommes seuls ; 2,600 wagons à bestiaux pour les chevaux et les gardes

d'écurie ; 1,664 trucs pour les pièces, caissons, voitures.

Total : 4,888 véhicules traînés par 156 locomotives.

Le poids mort est de 24,440 tonnes.

Le mouvement général de l'artillerie représente donc un transport de 63,192 tonnes 03, et demande , pour être effectué , 654 trains ainsi composés :

654 locomotives ; 1,152 wagons à bagages, à freins (selles et hommes) ;

576 wagons mixtes (officiers et hommes) ; 1,151 wagons de 3' classe (hommes); 10,777 wagons à bestiaux (chevaux et hommes) ; 6,069 trucs ou plates-formes (pièces, caissons, voitures).

Total : 19,725 véhicules pesant à vide 98,625 tonnes.

Pour opérer l'embarquement simultané, il faudrait une longueur de quais de 140,899 mètres l

1 Dont 9,156 mètres occupés par les locomotives.

et 16,846 ponts; il en faudrait autant pour le débarquement.

GENIE

Le génie n'est pas organisé pour marcher seul ; chaque régiment est fractionné par compagnies, et chacune de celles-ci peut partir avec le quartier général de la division à laquelle elle a été attachée.

Ainsi, sans compter le génie, sans compter les services administratifs, les parcs de réserve de l'artillerie et du génie, les équipages de ponts, les grands parcs de réserve des armées, les magasins de vivres et d'effets , le transport de la troupe combattante seule, infanterie, cavalerie, artillerie, nécessite 1,813 trains formés de :

56,908 véhicules;

1,813 locomotives ;

4,050 wagons à bagages;

1,735 wagons mixtes; 17,896 wagons de 3e classe; 25,420 wagons à bestiaux;

7,807 trucs pour les voitures ;

Le poids total à transporter est de 174,702 tonnes; les wagons à employer au transport pèsent 284,540 tonnes à vide.

La longueur occupée par cet ensemble de trains sur des quais de débarquement n'est pas moindre

270 L'ARMEE FRANÇAISE ExM 1873.

de 412,840 mètres, un peu supérieure à l'espace qu'occuperait l'armée en colonne sur une seule route. En supposant 10 lignes de chemin de fer parallèles et 18 trains par jour sur chaque ligne, dix jours seraient donc nécessaires pour le mouvement; il faudrait sur chaque ligne 4 kilomètres au moins de quais d'embarquement et autant de débarquement. Les trains se suivant d'heure en heure régulièrement avec une vitesse de 8 lieues à l'heure, la colonne de marche de chaque jour occuperait 144 lieues.

Il faudrait intercaler dans la marche les quartiers généraux avec leurs compagnies du génie comme escorte. On peut estimer qu'il faut un train entier pour ceux des corps d'armée, et un tiers de train pour ceux des divisions.

Les 45 divisions d'infanterie groupées en 15 corps d'armée, les 36 divisions de cavalerie, dont 20 peuvent être réunies en 5 corps d'armée, ajouteront un total de 25 trains pour les quartiers généraux de corps d'armée, de 27 trains pour les quartiers généraux divisionnaires.

Total, 52 trains, dont la composition ne peut être déterminée d'avance. Le total du transport de la troupe combattante et des états-majors sera donc de 1,865 trains, en prenant l'hypothèse la plus favorable, celle où le problème est le plus facile à résoudre.

Un tel mouvement à organiser, à préparer, à régler d'avance, à conduire avec ordre et méthode, au milieu d'incidents inévitables, à terminer dans un rayon forcément voisin de l'ennemi , parait dépasser les bornes que les lois de la nature ont fixées à l'intelligence humaine , et pourtant ce n'est là encore qu'une partie de la question de la mobilisation.

Ravitaillement en vivres et munitions.

Une grande armée est une population qui se transporte en combattant. Elle a les besoins des grandes agglomérations, elle n'en a pas toujours les ressources; il faut pourtant nourrir les machines humaines qui la font vivre ; il faut alimenter les engins de guerre qui l'accompagnent.

Page 1