LA LÉGION ÉTRANGÈRE
« De nos jours, dit M. Fieffé, dans sa remarquable His- « taire des troupes étrangères^ la France n'admet que ses a enfants sous ses drapeaux ; elle ne fait d'exception que a pour la légion étrangère : mais elle aussi a ses fastes de « gloire, elle aussi compte d'utiles travaux qui concourent « à l'œuvre de la colonisation algérienne ; elle a d'ailleurs c ouvert ses rangs a des officiers français, tels que Combes, « Eternelle, Bedeau, Neumayer, Renault, Leroy de Saint- « Ârnauld, MaoMahon, Lafon de Villers, de Noue, Carbuc- « cia, Cœur, Senilhes, Espinasse, Mellinet et Canrobert, tous « devenus maréchaux de France ou généraux, à l'exception
« du premier, qui a trouvé une mort glorieuse à l'assaut de a Constantin*. »
A sa formation, la légion étrangère n'avait qu'un régiment, mais un régiment à cinq bataillons, où l'on classait les hommes suivant leur provenance : les Allemands étaient placés dans les 4 er et 3 e bataillons ; les Polonais dans le ( i* ; le 4 e bataillon était exclusivement composé d'Espagnols et le 5 e d'Italiens. L'ancienne légion étrangère s'illustra dans plusieurs combats en Afrique, puis passa au service d'Espagne. La nouvelle se distingua au siège de Constantine, et fut divisée en deux régiments en 4 8 il.
Beaucoup de généraux étrangers en activité de service ont figuré dans ses cadres.
Elle a fourni une magnifique brigade à l'armée d'Orient. Elle s'est distinguée à l'Aima, où elle était représentée par son bataillon d'élite. Elle a » arrosé de son sang les tranchées de Sébastopol : aussi elle a mérité des lettres de naturalisation dans notre armée.
Aujourd'hui, telle qu'elle est constituée, elle
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compte peu d'officiers au titre d'étranger. Les soldats qui la composent sont presque tous des hommes remuants qui ont quitté leur pays poussés par l'esprit d'aventure. Hardis et déterminés, ils sont toujours prêts à marcher en avant Ses deux régiments forment la 2 e brigade de la division Espinasse, du 2 e corps. Ce ne-sera pas la moins brillante au feu, car elle se souviendra, en marchant à l'ennemi, de ces belles paroles du maréchal Pélissier : « Qu'il n'est pas de plus beau « titre au monde que celui de soldat français, et « que ce noble drapeau qui flotte au milieu de ses « baïonnettes est désormais sa patrie. »
Aux noms cités plus haut, il faut ajouter ceux de MM. les généraux Bazaine et Mayran, et du colonel Lacretelle.