‹ L'armée royale en 1789Chapitre 104 sur 136 · Mémoires · texte numérisé non relu

Mémoires

le côté philanthropique et sensible. L'essentiel, dans un Etat militaire, c'est que le soldat s'endurcisse à la fatigue et môme aux privations, sans rien perdre de sa vigueur, et soit toujours prêt à faire campagne. Les plus belles armées du monde ont été des armées maigres, et c'est par la graisse qu'a toujours péri le militaire. L'ancien régime avait en ce point des idées fort arrêtées, qui lui venaient en droite ligne de Rome et de Sparte et qu'il devait à son éducation classique. S'il eut un tort, c'est moins de les avoir trop rigoureusement appliquées à la troupe que d'avoir adopté pour ses états-majors une ligne de conduite et des principes différents, et l'on serait peut-être moins tenté de lui reprocher sa dureté pour le soldat, s'il n'avait pas toléré tant de luxe et de mollesse chez l'officier.

Page 1