‹ L'armée royale en 1789Chapitre 105 sur 136 · LE MILICIEN · texte numérisé non relu

LE MILICIEN

A part les grenadiers royaux, l'espèce du milicien ne vaut pas, à beaucoup près, celle du soldat de ligne. Ce n'est pas, comme ce dernier, le besoin ou le goût des aventures et l'attraction de la vie militaire qui Font amené sous les drapeaux : c'est le billet, l'affreux billet noir, tiré « d'une main tremblante et d'un cœur glacé* ». Il vivait heureux dans son village, entre ses bêtes et ses parents, quand M. le subdélégué est venu et l'a pris. Et, maintenant, le voilà pour six ans dans cette galère. Six ans effectifs? non pas; car, depuis 1778^ le.xoi*

i. Dubois-Grancé, séance du 12 décembre 1789.

dans rintérêt de la culture, << a ré glé qu'il n'y aurait plus d'assemblée générale que .dans le cas où la défense de son royaume pourrait l'exiger* », et les soldats provinciaux n'ont plus désormais en temps de paix qu'à se présenter une fois par an devant le subdélégué de leur arrondissement. Mais que la guerre éclate, et non seulement on les retiendra tout leur temps sans leur faire grâce d'un jour, mais rien ne dit qu'on ne les gardera pas plus que leur congé ^. Quelle épée de Damoclès suspendue sur la tête de ces malheureux, dont beaucoup sont mariés, et comment de tels éléments tirer de solides réserves! Encore, s'ils avaient été formés, disciplinés, s'ils avaient passé quelque temps à la

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