Règlement du 1" mars
2, Pendant la guerre de Sept ans, les congés furent prorogés d'année en année. A la paix, en 1765, une ordonnance du 27 novembre proscrivit formellement cet usage, mais il est infiniment probable qu'en cas de nouvelle grande guerre cette ordonnance n'eût pas été plus observée que les précédentes.
caserne, vivant de la rude vie du soldat, et prenant à ce contact Thabitude, sinon le goût du métier, s'ils avaient été tant soit peu militarisés ! Mais non; le plus souvent, en cas de guerre, on attend le dernier moment pour les appeler, et c'est à peine dégrossis qu'ils sont envoyés dans les places et même dans les régiments en campagne pour y combler les vides ^ Ils y arrivent avec rinquiétude et Tahurissement du villageois transplanté, F air gauche et contraint dans leur habit neuf, ne sachant pas seulement tenir un fusiP, le moral abattu, souffrant déjà du mal
1 . C'est pendant la guerre de la Succession d'Espagne que ce système avait commencé d'être appliqué. Il fut repris sous Louis XV; la milice recruta alors, non seulement l'infanterie, mais la cavalerie, même les carabiniers.
2. Broglie à d'Argenson, 4 avril 1743. « L'armée du roi, n'étant entièrement composée aujourd'hui que de milices, ne nous a pas donné jusqu'à présent de preuves de sa valeur,... et cela n'est pas étonnant, la plupart ne sachant point se servir de leurs armes. Il y a déjà eu plusieurs soldats ou cavaliers tués par ces mêmes miliciens, en voulant seulement les manier. »
du pays, en attendant que le typhus ou la dysenterie les livre à la promiscuité de l'hôpital. Avec quelques mois d'entraînement, on en eût fait des hommes capables de supporter les longues marches et les privations. Ainsi jetés pêle-mêle et sans transition aux armées par messieurs les intendants, ils sont marqués d'avance. A chaque campagne, il en périt la moitié de langueur ou de maladie, souvent sans avoir même vu le feu^ Avec cela nulle considération", rien pour les soutenir et les réconforter; rien pour leur donner du cœur au ventre et de l'émulation. Au régiment, le milicien est en butte au dédain du
4. Voir Encyclopédie méthodique y au mot Désertion, Saint-Germain, Mémoires ; Lessac, de V Esprit militaire.
2* « 11 semble que ce soit chez nous un honneur de servir le roi dans Tétat militaire et une espèce de honte de tirer à la milice. » (Bernardin de Saint-Pierre, Vœu d*un solitaire*) — « Les milices sont avilies. » (Menou, séance de l'Assemblée constituante du 42 décembre 1789.) — « L'esclave n'était point forcé de partager la prétendue gloire et le péril de ces débats souvent sans objet qui ensanglantaient la terre... » (Linguet, Annales politiques,)
soldat d0 ligne ; on lui fait sentir par tojiite «^orte de quolibets et de mauvAis traijkemBnts son i^fé' riorité; «'est la tête de Turc sur laqu^le eha?» cun, même l'officier*, s'exerce à Tenvi. Pareillement pour le peuple, ce n'est qu'un sojxlat d'occasion, un maladroit, un emprunté, qui m sait même pas porter son costume' et qui ne re;sseml>le pas plus à la troupe réglée, si m^^ tiale et si bien tenue, que le franc-«^cber du moyen âge ne ressemblait aux gens d'ariines.
Ainsi pense la foule, et avec elle la plii^part des écrivains de la seconde moitié du xvui^ siècle. Les physiocrates voient dans la milice une perte sèche pour l'agriculture, les philosophes la déclarent incompatible avec la liberté humaine et s'apitoient sur « ce fléau des nations modernes ». Parmi les écrivains militaires et
i. Encyclopédie méthodique^ au mot Milice» >