‹ L'armée royale en 1789Chapitre 127 sur 136 · Rousset, le Comte de Gisors · texte numérisé non relu

Rousset, le Comte de Gisors

2. Voir la préface des Mémoires du maréchal de Saxe. Voir aussi M ontbarey : « Le maréchal de Saxe avait in-

tablir ses affaires qu'à soutenir Téclat de son nom, et dont la principale occupation, aux ar*

troduit dans son quartier-général, et à la suite de Tarmée, tous les délassements et toutes les facilités dont les officiers auraient dû jouir en temps de paix. Des vivandiers nombreux et bien approvisionnés pouvaient tous les jours de repos fournir à ces officiers les moyens de subsistance qu'ils auraient pu trouver dans leurs garnisons. Une troupe de comédiens, établie au quartiergénéral, assurait leur divertissement. Ce luxe ne se bornait pas au seul quartier-général du maréchal commandant ; il était imité par M. le comte de Glermont et M. le comte de Lowendahl, lorsque ces deux lieutenants généraux commandaient des corps détachés de la grande armée... » — La veille de Raucoux, il y avait grande représentation au quartier-général, à Tongres, et ce fut l'actrice chargée d'annoncer la représentation du lendemain qui prévint Tarmée par un couplet qu'il y aurait relâche pour cause de bataille :

Demain, nous donnerons relâche, Quoique le directeur s'en fâche;, Vous voir eût comblé nos désirs, Mais il faut céder à la gloire.

Nous ne songeons qu'à tos plaisirs, - Vous, ne songez qu'à la victoire.

Après ce couplet, Taide-maj or-général, chargé du service, parut et dit tout haut que la retraite servirait, ce soir-là, de générale... (Montbarey, I, 31).

mées, était de faire un riche butin et de lever des contributions dont il mettait la plus grande partie dans sa poche ^ Tel encore, — car les intendants ont aussi leur part de responsabilité dans ce désordre, — le fameux Foulon, « ce barbare qui s'est immortalisé chez les Hessois et qu'on vit partout se signaler, dit Retzow, par des cruautés dont le détail affreux révolte l'humanité. » Ces excès sans doute étaient assez rares, et dans un temps où ce qu'on appelle les lois de la guerre autorisaient de si singulières libertés, où Frédéric II lui-même, si sévère sur le chapitre de la discipline, autorisait le pillage en pays conquis, pourvu qu'il fût méthodique elréglé^ on peut à. bon droit s'étonner de leur

1. Tout cet argent n'était pas, il est vrai, perdu pour les pays conquis. Les officiers généraux entre lesquels il était réparti, d'après un ancien usage, le consommaient le plus souvent sur place, et par le grand état de maison qu'ils tenaient « rendaient bien vite en consommations ce qu'ils retiraient en subsides >*. (Montbarey, I, 68).

Page 1