INTRODUCTION. XVII
isolée, la ferme Quérimont, située près du bois de la Garenne. Quand il y arrive, elle est pleine déjà de blessés et de morts; les médecins sont à Tœuvre; Tun d'eux crie à ce jeune soldat valide de monter sur le toit, et d*y arborer un drapeau d'ambulance, car les obus commencent à se rapprocher d'une façon inquiétante. Laissant son capitaine entre leurs mains, il obéit et monte. Pendant qu'il est là-haut, en train d'attacher la hampe du drapeau au tuyau d'une cheminée, deux ou trois obus crèvent la toiture et mettent le feu à des bottes de foin entassées dans un grenier. Les flammes se propagent avec une telle rapidité qu'il se voit entouré par elles avant d'avoir pu regagner l'escalier. Il parvient cependant, en se laissant glisser le long d'une gouttière — ses camarades d'École normale savent de quels tours de force ou d'agilité Albert était capable 1 — il parvient à descendre jusqu'au rebord d'une fenêtre du second étage. Mais des tourbillons de fumée en jaillissent tout à coup, avec des myriades d'étincelles. Des cris afiPreux emplissent la maison... Des blessés tout sanglants se sauvent à demi brûlés hors de cette fournaise, — ceux du moins qui peuvent marcher encore, mais les autres !... — Albert avise au-dessous de lui, dans la cour, un cadavre étendu