INTRODUCTION. XIX
On remmena d'abord à Mayence ; puis il fut interné à Bonn et enfin à Goblentz. Pendant ces longs mois de captivité, sa pensée ne se détache pas une seule heure de la France et de tous ceux, chers à son cœur, qu'il y a laissés. Il tressaille de fierté à la nouvelle de la résistance acharnée qui se prépare. « On dit que Paris va se défendre : bravo, et vive la France ! » écrit-il dans une lettre arrivée bien longtenips après à destination. Mais il a vu de trop près les armées allemandes pour oser croire que nos milices improvisées pourront tenir devant elles. « Je vois par les journaux que vous paraissez décidés à vous défendre vigoureusement. J*applaudis de toutes mes forces à cette résolution qui sauvera du moins ce qui peut encore être sauvé de l'honneur du pays. Mais j'ai bien peur que ce ne soit là un sacrifice inutile. Jamais on n'organisera une armée capable de faire une diversion suffisante. Mieux vaudrait, peut-être, se résigner aux humiliations qui nous attendent, et nous mettre à préparer aussitôt une formidable revanche... » (Lettre à son père, de Bonn, le 23 septembre 1870, reçue le 19 février 1871.) Aux anxiétés patriotiques, se mêlent des préoccupations d'un autre ordre. Il tremble