XX INTRODUCTION
pour les siens : pour son frère aîné, Tancien officier, qui doit avoir repris du service, et qui, en efiPet, se faisait à quelque temps de là casser un bras au Bourget, pour son jeune frère, pour son père, pour sa sœur Hélène, pour ses amis. Où sont-ils, que font-ils, tous ceux qu*il aime? Il est sans nouvelles et il souffre. « Je n*ai pas le courage de récrire plus longuement, ne sachant quel sort est réservé à celte lettre. Mais je suis avec vous par la pensée et je ne vous quitte pas. Quelles angoisses I Tâche de m*écrire, par quelque voie que ce soit. L'ignorance où je suis m'accable complètement. Je voulais me mettre à l'allemand,. .. pour plus tard, quand ce sera notre tour d'aller chez eux. ., Mais le moyen? Si tu peux m'écrire, n'oublie pas de me dire si tu es dans la garde nationale et si Anatole est à l'armée. Donne-moi aussi des nouvelles de Lavisse, de Delacroix et des Breton. Tâche que George ne s'expose pas. Mon genou va mieux.
Adieu. Je t'embrasse comme je t'aime. — Albert. » (Lettré déjà citée.) Il apprend qu'on l'a cru mort, après Sedan, et aussitôt il s'alarme à l'idée que peut-être cette fausse nouvelle est venue jusqu'aux oreilles des siens. « Je viens d'avoir la visite d'un commandant de tirailleurs, arrivé ce matin à Bonn. Il paraît qu'on m'avait porté mort. Jamais je n'ai