INTRODUCTION. XXI
VU un homme plus étonné, au premier moment de notre rencontre. Il n'en pouvait croire ses yeux. Pourvu que vous n'ayez pas reçu cette fausse nouvelle I» (Même lettre.) Dans d'autres passages, la note guerrière reparaît : « Dieu que j'aurais voulu être à Athis-Mons, ou à Villeneuve, quand ils ont passé la Seine I Je n'ai eu aucun plaisir à Sedan. Je n'ai vu tomber personne sous mes balles. Et j'en ai tiré bien peu I Mais je me sens au cœur une haine vigoureuse qui ne s'éteindra qu'avec moi. » (Même lettre). Ailleurs, il songe à la petite maison de campagne où il a passé sa jeunesse, et s'attendrit à l'idée des dévastations qu'elle a dû subir : « Et ce pauvre Villeneuve I ... Avez-vous pu les uns ou les autres aller voir ce qu'ils en ont fait? S'ils n'ont brûlé que les meubles et volé que les pendules, il n'y a pas grand mal; mais nos livres! » (Lettre du 8 février 1871.) Et c'est ainsi que sa pensée, pendant ces cruelles semaines de captivité, va de son pays à sa famille, de sa famille à ses amis, sans s'arrêter une seule fois sur les souffrances qu'il endure lui-même : tant c'était l'instinct de cette généreuse nature d'unir à la vaillance Tesprit d'abnégation.
A peine remis du choc affreux qui avait ébranlé