INTRODUCTION. XXVII
du joug détestable qu'on lui impose (Liberté du 1" avril). La Commune est enfin constituée et rend ses premiers décrets. Il en profite pour faire une charge à fond contre « ce pouvoir ténébreux, sans contrôle et sans publicité, né d'une conspiration, qui ne se soutient que par le mystère dont il s'entoure et la terreur qu'il répand ». [Liberté du 3 avril.) A l'heure même où les hommes du 18 Mars, triomphent, où Paris tout entier leur appartient, voici ce qu'il ose leur dire: «Jusqu'à présent, on ne savait pas bien ce qu'était la Commune. Était-ce une assemblée municipale ou une assemblée politique ? Était-ce un pouvoir local? Était-ce le gouvernement?... Aujourd'hui, nous sommes fixés : la Commune est tout. Pouvoir judiciaire, elle confisque les biens des citoyens et les met sous séquestre. Pouvoir législatif, elle décrète la suppression du budget des cultes, la séparation de l'Église et de TÉtat. Pouvoir exécutif, elle met en mouvement la force publique. Sans contrôle, sans publicité, sans débat contradictoire, elle juge, elle légifère, elle exécute. Elle est à la fois Convention, Comité de salut public et Tribunal révolutionnaire... En présence de cette nouvelle usurpation de pouvoir, devant cette lutte fratricide engagée depuis hier, la sentimentalité nous paraît hors de saison. Nous ne nous inquiétons pas de savoir qui