‹ L'armée royale en 1789Chapitre 28 sur 136 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

tance de quelques centaines de mètres à peine séparait cette position importante des remparts de Paris. Heureusement, les fédérés dépensaient avec plus de prodigalité que d'adresse les immenses approvisionnements de munitions dont ils disposaient. Chaque jour, de onze heures à une heure à peu près, puis de sixheures à huit heures du soir, leurs batteries se taisaient : les artilleurs de la Commune étaient à table. La trêve du cabaret finie, ils revenaient à leurs pièces, et, gorgés de vin et d'alcool, se mettaient à tirer avec une sorte de frénésie. Il arrivait parfois que quelqu'un de ces malheureux, par bravade d'ivrogne, se montrât à découvert sur le parapet, tantôt entonnant le refrain célèbre :

Vive la Commune qui soûle Ses braves b de vin bleu !

tantôt criant de grossières injures aux Versaillais. L'un d'eux, un chef, vêtu d'un superbe costume tout chamarré d*or, s'en vint un jour caracoler jusqu'au milieu du pont. Il faisait de grands gestes, prenait des poses, hurlait on ne sait quoi... C'était £ans doute quelque figurant des pièces militaires du Cirque ou de l'Ambigu. On ne voulait pas, d'abord, tirer sur cet énergumène : il fallut bien pourtant se décider à le tuer, car il ne partait pas et vociférait

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