‹ L'armée royale en 1789Chapitre 3 sur 136 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

aurait traité de fou le prophète de malheur qui edi annoncé à cette France de 1870, gaie, prospère et confiante en sa force qu*elle serait, après quelques semaines, réduite à lutter désespérément non pour la gloire mais pour Texistence même : on conviendra qu'il fallait être doué d'un patriotisme singulièrement impérieux, pour laisser derrière soi les fêtes, les plaisirs de Paris, la vie facile d*un fils de ministre, et courir à la frontière dés le premier appel de clairon. C'est pourtant ce que fit Albert. Le jour même de la déclaration, il s'engagea, comme si quelque secret instinct l'eût averti que le pays n*avait pas assez, cette fois, de ceux dont c'était le métier de combattre et de mourir pour lui : noble exemple qui sans doute ne fut pas perdu et prépara bien des âmes moins viriles à l'idée d'accepter sans faiblesse, si la France l'exigeait, ce devoir dont, avec une généreuse ardeur, il devançait, lui, l'accomplissement.

Le 25 juillet 1870, vers deux heures de l'aprèsmidi, le 1®' régiment de tirailleurs algériens, en tenue de campagne, franchit la grande porte de la caserne du quai d'Orsay et se mit en marche, dans la direction de la gare de l'Est, par la rue de Rivoli et le

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