‹ L'armée royale en 1789Chapitre 31 sur 136 · INTRODUCTION. XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXV

cuté, honni, traîné dans la boue, fut précisément celui qu'il choisit pour se déclarer hautement impérialiste* N'ayant personnellement rien reçu de l'Empire, il tint néanmoins à honneur de prouver qu'il prenait sa part de la dette contractée par son père envers Napoléon III : sentiment bien fait pour tenter une âme qui ne voulut rester étrangère à aucun raffinement de délicatesse.

Rédacteur de la Liberté^ il prit à tâche, après la guerre et la Commune, d'engager insensiblement dans le parti de l'appel au peuple cette feuille conservatrice, mais de nuance indécise, habituée depuis longtemps à louvoyer sous pavillon neutre entre les opinions extrêmes. L'entreprise était difficile et le rôle ingrat : il y fallait beaucoup de patience, de modération, de prudence, — vertus qui n'ont jamais été parmi celles qu'Albert aimait le plus à pratiquer. Suspect au conseil d'administration du journal, comme manquant de l'esprit de mesure . qui plaisait à la clientèle bourgeoise de la Liberté^ il

ne connaîtra jamais cette volupté de sentir qu'on est Ain contre dix et qu'on ne se rend pas, qu'on a contre soi la force imbécile et brutale, et qu'elle vous écrase, mais sans vous dompter.... » Albert Duruy, VInstruction publique et la Démocraties^ p. 332.

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