‹ L'armée royale en 1789Chapitre 32 sur 136 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

dut s'imposer pendant quatre ans la plus pénible des contraintes, celle de mettre une sourdine à expression de ses sympathies politiques, alors que, rinstinct de sa nature le portait à les proclamer avec d'autant plus de franchise, qu*on risquait, par une profession de foi ouvertement bonapartiste, d'attirer sur soi plus de colères. Que de fois nous le vîmes à cette époque, ronger son frein comme un cheval de race contraint d'aller au pas, quand il voudrait s'élancer et bondir I II restait néanmoins à son poste, dans l'intérêt supérieur de la cause dont il s'était fait le serviteur : mais il frémissait de ne pouvoir combattre pour elle à visage tout à fait découvert, d'être obligé d'imposer à sa polémique une allure circonspecte, qui convenait si peu à la double ardeur de son tempérament et de ses convictions. Ce dévouement, d'ailleurs, ne restait pas stérile. Chaque jour, il trouvait quelque biais ingénieux pour défendre l'Empire contre les accusations de ses adversaires ; au tableau des malheurs et des ruines dont on prétendait rendre Napoléon III responsable, il opposait discrètement le souvenir des années heureuses, de la gloire, aussi, qu'on lui devait. Tout cela, avec tant d'adresse, que les susceptibilités du conseil et des abonnés n'avaient pas lieu de s'éveiller, et que l'incolore Liberté pre-

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