XXXVIII INTRODUCTION
à partie avec trop d'âpreté les hommes qui depuis cinq ans ne cessaient de déverser Toutrage et la calomnie sur l'objet de son culte ?
L'année suivante, Albert Duruy quitta la Liberté pour prendre la rédaction en chef de la Nation^ organe bonapartiste qui venait d'être fondé (26 octobre 1876) avec les capitaux généreusement offerts par M. Marius Martin, représentant d'un groupe d'impérialistes dévoués. C'est avec une joie profonde qu'il se sentit enfin délivré de toute entrave. Son premier soin fut d'assurer au journal la collaboration d'écrivains d'une valeur éprouvée. MM. Raoul Duval, Jules Delafosse, Augustin Filon, Octave Noël, lui accordèrent un concours dont il serait superflu de dire que le prix en était inestimable. Unis par la communauté des convictions, par le dévouement absolu à une même cause, par une mutuelle estime, par une amitié qui excluait de leurs rapports toute compétition d'amour-propre et toute rivalité d'ambition, ces hommes de talent ne pouvaient manquer d'être séduits par le pro» gramme qu Albert leur proposa. Dans la pensée de son rédacteur en chef, la Nation devait être une sorte de Journal des Débats impérialiste, discutant avec courtoisie les questions d'ordre politique, faisant revivre au pro6t du parti conservateur et de