‹ L'armée royale en 1789Chapitre 36 sur 136 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

de TEmpire avait pour chef un jeune prince qui possédait au suprême degré le don de gagner les cœurs. Nul, plus qu'Albert Duruy, ne subit le charme qu'exerçait, sur quiconque avait eu l'honneur de l'approcher, cet infortuné Prîhce Impérial. Oublieuse des acclamations enthousiastes dont elle avait salué sa naissance, la France, si l'on excepte quelques fidèles, ne se souvient plus qu'à peine, aujourd'hui, de l'héroïque jeune homme dont le pâle et profond regard était comme voilé d'une ombre de mort, et qui, pour se montrer plus digne du grand nom qu'il portait, avait voulu se faire une âme aussi tendre, aussi fière, aussi noble, aussi intrépide que celles des preux d'autrefois, ses modèles. C'est un devoir pour ceux qui l'ayant aimé gardent pieusement sa mémoire, d'évoquer, quand ils le peuvent, cette mélancolique figure, touchante comme celle du duc de Reichstadt, et tragique, aussi, comme celles des victimes innocentes de la Fatalité antique. Ce que cette patrie ingrate ne sait pas, c'est à quel point la chérissait celui qui est mort si loin d'elle, mort avec le désespoir de ne pouvoir lui donner tout le généreux sang qu'il a versé pour d'autres. Pauvre petit héros, qui t'en es allé offrir ton cœur de lion aux zagaies des sauvages) non, ce n'est point là-bas, ce n'est pas près de

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