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Sainte-Hélène et sous un uniforme anglais que tu devais tomber, dans un obscur et inutile combat 1 C'est sur le Rhin, en un jour de triomphe, sous nos couleurs à nous; c'est vainqueur et enseveli dans ta victoire, comme Gaston de Foix à Ravenne : car tu l'avais fait, ce rêve, de voir les ombres consolées de ton grand-oncle et de ton père se pencher sur toi pour recueillir ton dernier soupir, en te bénissant d'avoir effacé par quelque nouvel léna les noms maudits de Waterloo et de Sedan I... Albert pardonnera à celui qui raconte sa vie de s'arrêter ici, ému d'un souvenir autre que le sien, et de s'incliner devant cette tombe, qu'il a lui-même arrosée de ses larmes :
Manlbus date lilia plenis, Purpureos spargam flores!...
Esprit curieux et d'une très large ouverture, le Prince aimait à s'entourer des hommes les plus distingués de son parti et à soumettre ses propres idées au contrôle de leur expérience. Il avait choisi, d'après leur compétence spéciale, des conseillers qu'il ne se lassait pas d'interroger sur les parties du gouvernement auxquelles chacun d'eux était le plus apte à l'initier. Non content de leur communiquer
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de vive voix ou par lettres des observations qui attestaient à la fois et son désir d'apprendre et la vigueur de son intelligence, il prenait plaisir à les réunir et à provoquer entre eux des discussions en règle sur tel ou tel point de doctrine. On le voyait alors, tantôt suivre la controverse avec la plus sérieuse attention, tantôt s'y jeter avec une vivacité charmante, et la ranimer par quelque saillie d'un tour inattendu et paradoxal. Les notes qu'il a laissées montrent le degré de maturité où ce jeune esprit était déjà parvenu, et le souci qu'il avait de ne rester étranger à rien de ce qui concerne le métier d'un futur chef d*État.
En dépit d'une prédilection marquée pour tout ce qui avait trait aux institutions militaires du pays, il ne se désintéressait point des problèmes d'ordre purement politique ou social. L'importance des questions d'enseignement ne lui échappait pas, et c'est avec Albert Duruy qu'il s'en entretenait le plus volontiers. Unfe mutuelle sympathie, nuancée ici de bienveillance, là, de tendre respect, ne tarda pas à unir ces deux natures, éprises du même idéal chevaleresque. Le noble jeune homme qui ne cherchait à se consoler de l'exil qu'en vivant, austère et sloïque, dans son rêve de gloire, devint pour Albert l'objet d'un culte passionné. Il se mit à l'aimer, non
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seulement parce que le fils de Napoléon III étaît le plus aimable, en môme temps que le plus malheureux des princes, — mais aussi parce qu'il trouvait dans la grandeur d*âme de cet adolescent quelque chose comme Tannonce d'iin illustre destin, qui devait profiter à la France. Qu'on juge de son émoi quand il apprit que le Prince allait partir pour le ZouloulandI Albert n'eut garde de blâmer le généreux instinct qui poussait l'héritier des deux Napoléon à saisir la première occasion de faire œuvre de soldat. Mais une inquiétude vague, divination trop sûre, hélas, de sa tendresse, se mêlait à la fierté que lui inspira cette aventureuse résolution. Eh quoi, cette vie si chère, gage peut-être de la rédemption de nos provinces perdues, allait être exposée aux hasards de la mer, à l'inclémence d'un climat meurtrier, aux multiples périls d'une campagne en ce lointain pays!... Il écrivit aussitôt à Ghislehurst, il supplia l'Impératrice de lui pernïettre d'accompagner son fils : il veillei*ait sur lui, le suivrait partout... Le gouvernement de la reine refusa l'autorisation demandée. Quel danger pouvait courir le Prince Impérial, lorsque tant déloyales et vaillantes poitrines anglaises devaient l'entourer et, lé cas échéant, lui faire un rempart ? Supposer que leur hôte, que le fils de leur allié, que l'ami de