L INTRODUCTION
ner aux âmes une si forte trempe d'abnégation. Sans être tout à fait un croyant, il aspirait secrètement à le devenir un jour; surtout, il ne pouvait plus supporter la sèche et dissolvante ironie voltairienne, qu'il regardait comme un des agents, le plus actif peut-être, de cet abaissement moral de la France, dont la défaite n'avait été que le signe extérieur et pour ainsi dire la constatation. De là, des pages comme celle-ci, qu'on se reprocherait de ne pas citer, car elles éclairent d'une vive lumière le travail qui s'était opéré dans son esprit.
« Comme si nous n'avions pas assez des luttes inévitables et nécessaires I Ah! ils sont bien coupables^ ceux qui, au lieu dé ne songer qu'à la guerre sainte, nous ont jetés dans l'inextricable complication d'une guerre religieuse! Ils ont bien mal tenu leur office et compris leur rôle I Pour cette éventualité suprême où se jouera quelque jour, non plus seulement le sort d'une dynastie, mais l'existence même de ce pays, ce n^ eût pas été trop de toutes les forces vives de notre jeunesse, préparée de longue main par une éducation vraiment patriotique aux derniers sacrifices; et ce n'était pas trop de la nation entière, tendant toutes ses facultés et gardant ses trésors pour le grand jour.
» A l'une, née dans les angoisses de l'année terrible, nourrie du lait amer de la défaite, au bruit du canon