‹ L'armée royale en 1789Chapitre 52 sur 136 · LX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION

« Monsieur,

» Je tiens à vous envoyer, dans la cruelle épreuve que vous traversez, l'expression de ma bien vive et cordiale sympathie. La mort de monseigneur le comte de Ghambord n'a pas frappé que ses amis et son parti. J'estime qu il n'y a pas un bon Français qui ait pu rester insensible à cette grande disparition. Parmi les amertumes et les petitesses du temps présent, celui que vous pleurez semblait comme un dernier rayon des splendeurs d'autrefois. (Test plus qu'un prince et un noble caractère, c'est quelque chose de sa propre histoire, de son patrimoine d'honneur, que perd en lui la France. Tant .pis pour ceux qui ne le sentent pas... »

M. de Mun lui répondit :

« Monsieur,

» Je ne saurais vous dire combien j'ai été touché et reconnaissant de votre lettre. Elle m'a apporté un témoignage nouveau et particulièrement précieux des sentiments si nobles et si élevés dont vos écrits portent la trace profonde ; je ne suis pas surpris qu'aimant comme vous le faites les gloires et les grandeurs de cette patrie française* sur le passé de

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laquelle VOUS avez jeté de si grandes lumières, vous ayez ressenti quelque émotion en voyant disparaître de la scène du monde celui qui en personnifiait les vieilles traditions avec tant d'honneur et de dignité. La France, du moins, reste debout, et nous nous retrouverons à son service, j*en ai la ferme confiance, non seulement unis par une commune pensée de patriotisme, mais rapprochés par le souvenir d*une sympathie dont je garde Tinaltérable gratitude... » De ces propos si nobles et, pourquoi ne pas le dire? si touchants, qu'échangent sur la tombe du fils de nos rois deux hommes dont l'idéal politique diffère profondément, mais qui sont également prêts, l'un et l'autre Ta prouvé, à mourir pour le pays, il importe de retenir surtout les mots qui terminent la lettre d'Albert, si l'on veut savoir à quelle large et sereine conception du patriotisme il s'était élevé. Il aimait l'ancienne France pour les gloires qu'elle a léguées à la nouvelle. C'est pOur cela qu'il n'a jamais cessé de protester contre l'insupportable prétention de ces esprits étroits qui voudraient faire commencer notre histoire en 1789, et biffer d'un trait de plume sacrilège le long et persévérant labeur de la monarchie. Sévère pour elle, quand il a dû signaler ses erreurs, ses abus ou ses fautes, il a loué

magnifiquement, aussi, ses grandeurs, les services

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