LXII INTRODUCTION
qu'elle a rendus et le bien qu'elle a fait. Il n'en fallait pas plus pour qu'on l'accusât d'être animé à l'égard des hommes et des choses de la Révolution, d'un esprit de dénigrement systématique : reproche dont aurait dû le préserver, cependant, la loyauté foncière de sa nature. La vérité, c'est que si certains traits révèlent encore le polémiste et l'homme de parti dans le premier de ses ouvrages sur la Révolution, l'impartialité n'a cessé de grandir dans les éludes suivantes. Certes, il garde une haine vigoureuse contre les forcenés qui ont fait peser sur la France l'abominable régime de la Terreur : ceux-là, il ne se lasse pas de les poursuivre de ses invectives indignées. Mais, quand, détournant ses yeux des tristes scènes qui s'accomplissent à l'intérieur, il regarde du côté de la frontière et y rencontre, au lieu de la horde des massacreurs, les glorieux vainqueurs de la coalition, il s'incline, il les salue, il répète en se l'appropriant, la belle parole de Daunou :
« Dans ces années de périls et de combats, les Français ne pouvaient guère étudier qu'un seul art, celui de vaincre, et Ton doit convenir qu'ils y ont fait d'assez vastes et rapides progrès. »
Au cours de la préparation de son grand ouvrage, ses dernières rancunes de « réactionnaire » et de « conservateur » s'étaient fondues dans son enthou--