LXVIII INTRODUCTION
cœurqui Taidèrentàsupporter le fardeau d*une si dou- . loureuse existence, épouse et belle-fille dont la tendre sollicitude veillait sur ses souffrances et les adoucissait, soient remerciés ici pour le bien qu ils ont fait. Qui ne l'eût aimé, d'ailleurs, cet homme si vaillant et si bon? Il avait cette douceur des forts, dont le charme est irrésistible. Sa froideur toute extérieure et qui cachait aux yeux de ceux qui le connaissaient mal une nature enthousiaste, capable d'attendrissement, aussi bien que d'élan, cette froideur voulue, systématique, était quelque chose comme une barrière qu'il plaçait devant lui pour se préserver des amitiés banales, dont il avait horreur, et garder avec une sorte de pudeur jalouse le secret de son être intime qu'il n'aimait pas à livrer. En dépit de quelques accès d'humeur chagrine et de misanthropie, — trop excusables, chez qui avait tant de raisons d'accuser la vie d'inclémence à son égard, — Albert, malade, était resté dévoué corps et âme à ses amis, prêt à les aider de toutes manières, avec quels raffinements de délicatesse, plusieurs le savent! Il était souffrant à ne pouvoir presque se tenir debout quand l'un d'eux, ignorant que sa santé fût aussi gravement atteinte, réclama son assistance dans une affaire d'honneur. Au prix de quels efforts Albert l'accompagna sur le terrain,