INTRODUCTION. LXIX
d'abord, puis à la huitième chambre, lorg du procèe retentissant auquel cette rencontre avait donné lieu ! C'est que dans ce corps miné^ veillait une âme toujours ardente, toujours généreuse, toujours prête au sacrifice. On le vit bien, lorsque dans les premiers mois de 1887, un conflit avec TAUemagne parut imminent. L'idée qu'on allait se battre sans lui torturait Fancien soldat de 1870. Il parlait en souriant de suivre l'armée dans une petite voiture découverte, d'où il pourrait encore faire le coup de fusil. « J'ai toujours beaucoup admiré, disait-il, le vieux roi Jean de Luxembourg, qui, aveugle, se fit attacher sur son cheval et conduire par deux de ses chevaliers au milieu des Anglais, à Crécy, pour frapper un dernier coup d'épée avant de mourir... C'était mon rêve, de finir comme ce vieux roi... » Il écrivait à l'un de ses amis : « Quand tu seras de retour à Paris, il faudra que tu me donnes une ou deux heures pour déjeuner. Je viens d'être très malade : mes rhumatismes se sont portés sur le cœur et m'étoufferont un de ces quatre matins. Par précaution, j'aimerais à te serrer la main. Quel guignon d'être pris ainsi quand on va se battre peut-être I Je ne me consolerai jamais de ce coup-là. Je ne fais partie d'aucune société de tir ou de gymnastique : mais voilà dix-sept ans que j'attends, que j'espère