‹ L'armée royale en 1789Chapitre 83 sur 136 · LE COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

LE COMMANDEMENT

Dans la constitution de i*armée royale, le commandement avait toujours été, même à la grande époque, sous Louvois, la partie la plus défectueuse. Bien des causes y concouraient, les unes inhérentes à l'ancien régime, les autres accidentelles et qui tenaient aux hommes, à leurs faiblesses et à leurs vices.

Au nombre des premières figuraient la vénalité des grades, Tabsence d'une règle d'avancement, et la multiplicité des emplois militaires.

Parmi les secondes, les plus actives étaient le favoritisme et tous les abus qui en découlaient.

Vénalité, — « L'armée, dit M. Camille Rous-

set*, n'appartenait pas exclusivement au roi ou à rÉtat. Elle appartenait par parcelles à tous les officiers, soit qu'ils eussent été gratifiés de leurs charges, soit qu'ils les eussent acquises à beaux deniers comptants. Un régiment, une, compagnie d'infanterie ou de cavalerie, étaient une propriété réelle. Toutes les fois que les besoins de l'Etat exigeaient une augmentation de troupes, le secrétaire d'Etat dé la guerre délivrait au nom du roi des commissions pour lever, soit des régiments, soit des compagnies. Ces commissions une fois accordées, soit à titre onéreux, soit gratuitement, devenaient, entre les mains de ceux qui en étaient nantis, de véritables titres de propriété. Les mestres de camp ou colonels dans leurs régiments, les capitaines dans leurs compagnies, disposaient à leur gré des charges inférieures, les vendaient ou les donnaient. Ce n'est pas que le trafic des grades subalternes fût légal ; les ordonnances l'inter-

Page 1