Mirabeau, Système militaire de la Prmse
insuffisant, c'était de renouveler à chaque campagne, et souvent à plusieurs reprises dans le cours d'une même campagne, les grands commandements et de faire rouler les autres sur le plus de têtes possible. Détestable système, — on ne. l'avait que trop vu dans les dernières campagnes, — destructif de la confiance qu'il faut que la troupe ait toujours en ses chefs, et qui avait pour effet certain d'avilir le commandement en le faisant passer par trop de mains, souvent inexpérimentées. Il n'y a qu'une voix aussi là-dessus au xvni* siècle. « Tel colonel d'infanterie devient maréchal de camp qui n'a jamais eu à commander pendant vingtquatre heures ni à faire manœuvrer une troupe de cinquante maîtres, » écrit, dans son Traité des légions^ le maréchal de Saxe. Belle^Isle, dans sa correspondance avec Gisors, insiste à plusieurs reprises sur la quantité d'officiers généraux « mal instruits, plus mal exercés, ne connaissant pas le soldat, à peine connus
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de lui en temps de guerre, jamais en temps de paix * », et sur la nécessité, « pour établir cette connaissance mutuelle et nécessaire, de maintenir à la tête de leurs régiments non seulement les brigadiers, mais aussi les maréchaux de camp ». Dans cette même correspondance, il se plaint de Tabus du grade de colonel et du nombre excessif d'officiers subalternes.
« Pour rétablir la discipline et la subordination de lieutenant à capitaine, il faudrait, dit-il, diminuer le nombre de ceux-ci. » Et Ton a vu plus haut ses efforts pour supprimer les colonels à la bavette. Il eût voulu de même réformer en grande partie les états-majors ^ Le maréchal de Muy, Saint-Germain, travail-