‹ L'armée royale en 1789Chapitre 88 sur 136 · Gisors, p · texte numérisé non relu

Gisors, p

2. « Il s'est introduit depuis le commencement de cette guerre une si grande dissipation et facilité de dépenses de toutes les manières qu'il faudra nécessairement supprimer tous ces abus. Il est indispensable de retrancher une grande partie des officiers d'état-major et de revenir sur cet article à l'ancien pied. » (Le maréchal de Belle-Isle à Brogilie, 2 février 1760.)

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lent dans le même sens : le premier réédite les prescriptions de rordonnance de 1759 relatives aux conditions d'âge et de service des colonels; le second en édite de nouvelles et de plus sévères. Désormais, dans aucune troupe, aucun officier, fût-il de la plus haute naissance, ne pourra plus obtenir un régiment à moins de quatorze ans de service, dont six dans le grade de colonel en second. En outre, pour éviter Tencombrement sur le tableau des brigadiers et des maréchaux de camp, les colonels et mestres de camp n'y seront plus admis qu'après avoir exercé six ans au moins en temps de paix et trois en temps de guerre (ordonnance du 25 mars 1776). Une autre ordonnance du même jour supprime les emplois d'inspecteurs généraux. Malheureusement toutes ces bonnes volontés, ce zèle et ces efforts partiels pour donner à l'armée royale une constitution et des cadres plus réguliers viennent échouer devant la résistance des privilégiés et

la faiblesse de la cour, et, jusqu'au dernier moment, en dépit de toutes les prescriptions légales, le nombre des officiers généraux et particuliers ne fera qu'augmenter. En 1775, l'état-major de l'armée se composait de 1029 personnes; en 1789, après les réformes de Saint- Germain, il en comptait 143 de plus, soit H 59 officiers*!

Il est vrai que la réforme entreprise par le Conseil de la guerre en 1788 ne faisait pas encore sentir ses effets. J'ai déjà signalé plus haut l'importance de cette réforme, relativement à l'ordre divisionnaire et à l'avancement. Préparée par des hommes animés du plus sincère libéralisme, elle n'est pas moins remarquable en ce qui touche « la hiérarchie de tous les emplois militaires » et la réduction du nombre des officiers généraux, de troupes ou d'administration ^ Il y a là, de la part et à l'hon-

\, État militaire de la France en 4789,

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