X INTRODUCTION
avant de son groupe^ le fusil haut, l'œil étincelant, la voix vibrante, entraîne ses compagnons ». Il n'était plus possible, même aux plus optimistes, de voir seulement dans la bataille de ReichshofTen un glorieux échec, comme dans le combat de Wissembourg. Les lettres qu'Albert écrit après cette sanglante journée sont toujours d'une aussi belle allure, d'une aussi noble simplicité : mais on sent que l'ombre de la défaite a passé sur lui, et que de patriotiques appréhensions se sont emparées de ce vaillant cœur.
« Lundi 8 août, au matin.
» Mon cher père,
» Nous arrivons à Sarrebourg. En quatre jours nous nous sommes battus trois fois et nous avons marché le reste du temps, sans pain, à peine un peu de biscuit. Nous sommes morts de fatigue. Ohl l'intendance !... Si j'en reviens, j'en aurai de tristes à raconter.
» Les Prussiens nous mènent tambour battant. Nous avons marché depuis hier six heures jusqu'à ce matin trois heures. Nous nous arrêtons, obligés d'évacuer Saverne et de nous replier sur Metz, je pense. Sauf une extrême lassitude, je suis bien. Décidément, les balles et la mitraille ne me font plus le