PREMIÈRE ARMÉE
Commandant en chef : Le maréchal de Mac- Mahon , chargé de la direction générale des opérations actives.
1" CORPS d'armée : Le général de Ladmirallt, commandant en chef.
V division : Général Grenier ;
2'- division : Général de Maud'hl v ;
3' division : Général de Montai dox.
2* corps d'armée : Général DE Cissey, commandant en chef.
■ Ce décret porte la date du 6 avril.
1" division : Général Le Vassor-Sorval ;
2" division : Général Susbielle ;
3' division : Général Lacretelle.
3' CORPS d'armée : Le général Du Barail, commandant en chef.
Ce corps d'armée est exclusivement composé de cavalerie.
Ces trois corps figurent seuls sur le décret du 6 avril ; mais l'armée de Versailles fut peu après renforcée par deux nouveaux corps d'armée :
Le 4" corps d'armée formé à Cherbourg par le général Ducrot, et dont le commandement fut confié au général Douay;
Le 5' corps d'armée, que le général Clinchant avait réuni et organisé à Cambrai, et qui resta placé sous son commandement.
DEUXIÈME armée.
La deuxième armée, dite armée de réserve, eut pour commandant en chef le général Vinoy, qui, bien que nommé grand chancelier de la Légion d'honneur par décret du- 6 avril, exerça cependant son commandement jusqu'après la reprise de Paris.
l"^" division : Général Faron ;
2" division : Général Bruat ;
3" division : Général Vergé.
La division Faron ne conserva que trois bri-
gades; la brigade Daudel fut donnée au 2" corps d'armée, puis remplacée par la brigade Berthe, destinée primitivement à une quatrième division , qui fut bientôt fondue dans les trois autres. Les journées des 8, 9 et 10 avril furent employées à opérer les mouvements de troupes nécessités par ces dispositions nouvelles.
Le 8 avril, la division Lacretelle vint prendre position sur le plateau de Villacoublay ; elle fut bientôt suivie par la division Le Vassor-Sorval, de telle sorte que le 1" corps, établissant son quartier général au château de Bel-Air, se trouva constitué tout entier sur le plateau de Vélizy.
Les troupes du 3" corps furent dirigées de Versailles sur Longjumeau, à l'effet d'intercepter le chemin de fer d'Orléans et de défendre contre toute entreprise des fédérés la ligne qui s'étend de la Bièvre à la Seine. Les 2' et 3" corps occupaient ainsi la droite de l'armée.
Les régiments destinés à former le 1" corps se rendirent le 9 au camp de Villeneuve -l'Etang. Le général Ladmirault prit aussitôt leur commandement, et ses troupes furent peu après dirigées sur Rueil. Ce corps avait ainsi la gauche de l'armée.
Un peu plus tard, les 4' et 5' corps se concentrèrent dans les grandes avenues qui aboutissent à la pièce d'eau des Suisses et entourent la ferme
dite de la Ménagerie, à l'extrémité du parc de V^ersailles.
L'armée de réserve fut chargée d'occuper le centre de la position contre Paris. La division Vergé conserva ses avant-postes depuis la Lanterne de Démosthène jusqu'aux Moulineaux; la division Faron occupa le Val de Meudon jusqu'au plateau qui le domine, ainsi que les villages de Clamart et de Fleury. Enfin, la division Bruat resta campée dans la ville même de Versailles , qu'elle ne quitta qu'au moment de l'entrée des troupes dans Paris.
Le commandement de l'armée de réserve restait complètement distinct de celui de la première armée : toutefois ses troupes devaient concourir, sur l'invitation du maréchal, aux opérations dont il avait la direction suprême.
Cette organisation fut entièrement terminée le 12 avril, époque à laquelle le général Vinoy remit le commandement en chef au maréchal de Mac-Malîon. Le lendemain, le maréchal et les divers généraux placés sous ses ordres prirent chacun le poste auquel ils venaient d'être appelés. L'armée de Paris avait donc cessé d'exister : le rôle de l'armée de Versailles allait commencer.
Il est juste de reconnaître, au moment où l'armée de Paris se trouve refondue et disparaît dans une nouvelle organisation , les services émi-
nents qu'elle a rendus à la cause de l'ordre au début des opérations militaires dirigées contre le gouvernement insurrectionnel de la Commune. Elle avait été obligée de quitter Paris dans les plus mauvaises conditions ; la défaveur s'était attachée à elle, à cause des coupables défaillances signalées dans ses rangs pendant la journée du 18 mars. En moins de quinze jours, cette même armée retrouva sa force et sa solidité ; elle reprit dans la vie des camps , qu'on lui imposa avec ses dures exigences, des habitudes d'ordre et de discipline que son séjour au milieu de la population parisienne avait un moment altérées. En méjne temps, elle recouvra sa vigueur et son ardeur d'autrefois , et dans les premiers combats livrés à l'émeute, elle montra qu'elle n'était plus disposée à faiblir, et que la cohésion et la fidélité au devoir lui étaient également revenues. Cette armée, deux semaines seulement après sa concentration à Versailles, avait infligé aux troupes insurrectionnelles plusieurs échecs sanglants : elle avait fait des prisonniers, pris des canons, des armes, des munitions, réoccupé des positions importantes, et surtout elle avait donné au gouvernement régulier une grande force morale en jetant le trouble parmi les troupes de la Commune, et le discrédit sur les prétentions militaires que celle-ci avait si hautement affichées.
La tâche imposée à l'armée de Versailles devait être considérable et sa durée proportionnée aux grands obstacles qu'elle avait à vaincre. Mais l'armée de Paris avait, par l'effort énergique qui inaugura les opérations militaires, préparé les voies qui allaient rendre moins difficile l'accomplissement de l'œuvre dont le maréchal de Mac- Mahon avait désormais la haute direction. Un mois et demi de lutte et de fatigues constantes devait précéder la reprise de Paris sur ses oppresseurs. L'armée de réserve a eu, dans les événements qui ont signalé cette dernière période de la guerre civile, une part utile et glorieuse que nous allons exposer.