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huit ans, dans un cas de Syme, la guérison restait incomplète. Dans la plupart des observations que
nous avons rapportées, on peut retrouver cette len-.
teur de cicatrisation, et encore lorsqu'elle s'obtient, n'est-ce qu'au prix des complications que nous avons relevées : hémorragies empêchant de faire le pansement, qu'elles traversent complètement; fragilité du tissu de cicatrice; ectropion des paupières supérieures nécessitant des autoplasties.
Mais durant cette longue durée de la cicatrisation, les malades restent exposées à toutes les complications infectieuses que nous avons montrées.
Cette lenteur et souvent même cette absence de réparation tient, outre la disposition de la région, à la vaste étendue de perte de substence : aussi a-t-on eu de bonne heure l’idée de la combler par des greffes cutanées.
Entre toutes, la greffe prise aux animaux (hétéroplastique) était très séduisante, car elle permettait d’avoir un large lambeau ; on prenait la greffe sur des chiens, chats, etc., et nous avons noté une observation, où l’auteur eut un bon résultat ; mais les observalions inédites que nous en avons connues ont donné trop peu de succès pour que nous devions nous y adresser.
La greffe par la méthode italienne pourra être utilisée mais le lambeau ne’ pourra être appliqué, que près des bords de la solution de continuité, par suite de la nécessité, qu'il y a dans cette méthode de suturer le bout libre du lambeau aux téguments
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avoisinants. Le lambeau sera pris à la face antérieure ou postérieure de l’avant-bras, suivant qu'il s’agira de l'appliquer dans la région occipitale ou frontale.
On aura soin, de donner au lambeau un large pédicule, que l’on sectionnera le quinzième jour et l’on se souviendra que ce genre de lambeau ne prend que s’il repose sur une surface saignante, c’està-dire sur des bourgeons charnus avivés. Cette méthode ne sera donc applicable que sur des scalps en voie de cicatrisation et encore uniquement pour combler des espaces périphériques manquant de peau après l'emploi d’un autre procédé ayant épidermisé le centre de la vaste plaie.
Les greffes, comprenant ia totalité de la peau (cutanées totales) ou greffes, de Le Fort, de Wolfe, ont été essayées également dans le scalp et ont même donné parfois de bons résultats, puisqu'elles ont réussi deux fois Sur cinq, dans les observations rapportées ; mais On n’a pu ainsi combler que des portions de la vaste plaie. La greffe cutanée totale ne saurait en général convenir dans le cas du scalp, car le lambeau transplanté est peu nourri et par suite sphacèle vite, offrant ainsi un excellent milieu de culture aux microbes de la sunpuration.
Les greffes cutanées totales ne donnant que de médiocres résultats, Reverdin en 1872 recommanda les greffes épidermiques et en fixa la technique.
Les greffes épidermiques ne sont appliquées que sur des plaies en voie de cicatrisation, sur des plaies bourgeonnantes et encore faut-il que ces bourgeons
sans eue, mais rouges et : Fate + ET faut di 4 E
‘plus qu ‘ils ne saignent pas ; c'est là une sale con 4 dition de succès.
Pour que ces petites FRE de3à4 ÿ millimètres Fa côté réussissent, il faut plusieurs conditions :. j° Que le bourgeonnement se soit produit ; or ÿ nous savons que souvent il y a retard ou absence de bourgeonnement ; |
2° Que les bourgeons soient vigoureux ;
3e Qu'ils ne soient pas trop actifs, car ils. étouffe- “raient les greffes : : nous l'avons noté dans une observation ;
ne Qu: ils ne. saignent pas ; à
S Quel la plaie cranienne soit parfaitement aseptiere Ft 6° Les. greffes de Reverdin devront être très nom- = breuses, pour arriver à combler une aussi vaste plaie. ve Autant de conditions sont loin de se trouver toujours ; El réunies et aujourd'hui on délaisse cette méthode qui 3 À avail permis à Reverdin de guérir un cas de scalp, “14 JE en un an environ. Demandant trop de conditions pour réussir, elles échouent le plus souvent.
Aujourd’hui, on tend de plus en plus, à remplacer, dans les cas de scalp, les greffes épidermiques par les greffes dermo-épidermiques faites selon la méthode U de Thiersch. : ,
Souvent, on désigne les grefles dermo-épidermi- 5
ques sous le nom de greffes d'Ollier-Thiersch, à tort +) selon nous, car les greffes d’Ollier sont de larges
= bire
lambeaux de 4,6 et 8 centimètres carrés et plus, comprenant non seulement les couches superficielles de la peau, mais la totalité du derme. (Communication de M Ollier à l’Académie de médecine, 1852 sur les greffes cutanées.)
Les greffes de Thiersch, au contraire, comprennent toute la couche épidermique et la couche papillaire du derme seulement (Juvara) ; ce sont, de plus, de longs rubans de 10, 12 centimètres, même jusqu’à 4o centimètres de longueur, mais sur 3 à 4 centimètres de largeur.
Dans le traitement du scalp, les greffes de Thiersch furent employées par Sick, Bruns, Rierquen qui guérirent ainsi leurs malades rapidement; mais pour avoir un succès, il faut que les greffes soient faites au bon moment et suivant une bonne technique.
On choisira, pour les appliquer, un moment où le bourgeonnement se fait bien, où les bourgeons sont rouges, luisants, mais sans attendre davantage, car les bourgeons saignent, quand ils sont très vigoureux, si abondamment que les greffes seraient décollées.
Ces lambeaux, découpés à l’aide d'un rasoir, dans la peau même du malade prennent et se réunissent per primam, à la surface ulcérée, qui se trouve ainsi recouverte, par une nouvelle peau sans cicatrice:
La première des conditions, pour la réussite des greffes, est l’asepsie complète de la plaie, qui doit être parfaitement et entièrement propre et présenter un bel aspect, une couleur rouge vif écarlate et
être recouverte de petits bourgeons saignant difficilement : si la plaie ne présente pas un aussi bel aspect on l’aura modifié par la teinture d’iode et le nitrate d'argent, mais la plaie sera uniquement aseptique au moment de l'opération. Il n’est pas indispensable qu'il y ait des bourgeons charnus et M. Delbet chez ses malades fit directement les greffes sur la table externe même le diploé, et obtint un
excellent résultat.
On commence par aviver la surface à greffer et
pour cela on la frictionne doucement avec une compresse sèche ; on obtient ainsi l’enlèvement de la partie toute superficielle des bourgeons.
Pour sectionner rapidement et facilement les gref-
fes, on tend la peau de la face antérieure de la cuisse, de la face interne de la jambe, et, à un rasoir à coupe histologique, tenu fermement, on imprime de petits mouvements de scie, on mord la peau et on en détache ainsi une mince lanière presque transparente qui se ramasse et se plisse sur la lame du rasoir ; ilfaut opérer vile : c’est ainsi qu'on obtient les plus belles greffes. On détache ainsi un lambeau large de 3 à 4 centimètres, long de 15, 20,30 centimètres, à bords dentelés par suite des mouvements de scie.
On transporte la greffe, ainsi enlevée, sur la plaie et on l'étale, en fixant une extrémité avec une aiguille à dissocier et on retire le rasoir ; on peut aussi pour mieux appliquer la greffe la repasser légèrement avec le manche d’une curette, avec une éponge.