L'ÉLECTION
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‘s’est amené. Nous l'avons vu, une ‘«°.mi-heure durant, l’œil enflammé, la ‘“. -uche écumante, le faux-col au menton “et les manchettes sur les doigts, crier, ‘ gesticuler, suer pour nous apprendre “qu’il y a tant de millions qui nc nous
“ tant de capitaux à dépenser, et qu’il fal- “lait pour cela l'élire envers et contre ‘ tous.
“L’auditoire enfin s’éclata de rire et le ‘candidat dut s’affaler lorsqu'un auditeur “ éloigné, qui n’en comprenait rien du “tout, demanda d’une voix de stentor si “ ce monsieur-là ne cachait pas tout sim- ‘plement son jeu pour vendre, le diman- “ che, et avant de partir, de l’Huile de ‘€. Jacob ou du Baume Samaritain.
“Le beau comté de Bellechasse serait “bien représenté vraiment par un tel “’saltimbanque. Mais heureusement M.
“ Guignard et les vrais électeurs sont là.”
Hélas ! prenons garde que les vrais électeurs ne font pas toujours les élections !
118 L’'ARRIVISTE ——— La lutte fut pendant quinze jours des plus acerbes. Larive ne ménagea pas son ancien ami qu’il représenta comme un sans-valeur, incapable de gagner sa vie, -de faire son chemin dans le monde professionnel, et qui s’en venait mendier un mandat législatif afin de vivre de l’indemnité parlementaire. Au reste, il n’invita plus son adversaire à aucune ‘‘assemmblée contradictoire,” afin sans doute de mener plus à l’aise cette jolie campagne de dénigrement. Ne pouvant guère plus s’exalter lui-même, il cherchait son avantage à rabaisser l’autre. Toutefois, ces menées n'avaient pas jusque-là empêché Gui- &nard de rallier la grande majorité des paroises du haut du comté. Ailleurs, sa popularité était plus incertaine, tenant . du déplacement de l'électorat flottant,sur lequel il lui était difficile de compter.
Sans doute, un fort appoint du vote conservateur lui reviendrait de la part de tous Ce”x qui aiment à combattre le drapeau ‘“‘uficiel” du parti adverse ; mais combien d’autres aussi n’avaient pas oublié la