L’ELECTION
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possibilité d’accommodement avec un homme tel que Larive, indépendant de fortune, et non ‘‘encarcané”’, on savait cela.
Oh ! oui, les cartes étaient bien mêlées dans cette partie, et il n’était pas facile de tabler sûrement sur les atouts vainqueurs.
Quel était l’intrus, le Lx. asite, le trouble fête dans cette élection unliatérale ?
L'homme du peuple non prévenu, choisi, amené, proposé aux suffrages spontanément, presque à l’encontre de sa volonté, ou bien l’homme de la convention truquée, aux agissements ténébreux, mais accrédité en haut lieu ?
On en parlera beaucoup, en ces tristes semaines, au village comme à la ville, dans les grands journaux comme à la.
table du paysan, de ces deux condisciples du collège, qu’une longue liaison avait préparés à la vie réelle, sans que le feu d’une amitié de jeunesse pourtant sincère eut pu radicalement détruire ces germes secrets de suspicion délétère, d’une part, et d’ambition envieuse, de l’autre, qui maintenant se développeront au grand
120 L’'ARRIVISTE nn jour. Ce qu'ils ne se diront pas publiquement, à la figure, de tous ces secretslà, d’autres le diront pour eux, dans les cabales où cela pourrait amorcer quelque préférence. Sans doute, Guignard, naturellement plus réservé, ne trahira pas la noblesse de son caractère dans ce vertige, tandis que l’autre pactisait évidemment avec la conscience de sa légèreté ou sa légèreté de eonscience ; mais quel levain corrosif va désormais travailler ces deux cœurs durant le reste de la vie !
L’atteinte sera d'autant plus forte pour le premier, que, le soir du scrutin, son désenchantement fut plus profond, lorsqu’il apprit, tous comptes bien tirés, que Félix Larive, le candidat officiel du parti, était élu par une faible majorité de trente votes.
Fatigué, énervé, dégoûts, il regagna la ville en essayant de garder bonne contenance encore plus au milieu de ses amis apitoyés, n’y comprenant rien, qu’en présence de tous ses adversaïes, -xuliants qui, certes, l’avaicnt bien dit !