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COMMENT S’ASSOMBRIT L'ATMOSPHÈRE 168 ———————————— repousser ; mais il faut reconnaître aujourd’hui que la confédération cana-

i n’est qu’une base d'opérations, et que nous n’en avons pas fini de lutter contre la plénitude du pouvoir que nous sommes allés confier au gouvernement central devenu par là-même absorbant pour tous les pouvoirs confédérés.

Or, dans cette confédération, c’est bien la province de Québec, avec sa race française, sa religion catholique, sa langue et ses usages étrangers, qui devait. le plus

S’est-elle assez méfiée?

N’avons-nous pas eu chez nous et en tout temps trop de ces gens appelés, réduits aujourd’hui avant de mourir, non à fermer, comme les autres, mais à ouvrir

les yeux ? à suspecter un pacte d’infamie

dans une constitution et un organisme politique qu’ils ont pourtant soutenus toute leur vie ? :

Les centralisateurs ne nous cachent plus que ce qui nous a conse vé jusqu’à présent notre autonomie nationale, au

164 L’'ARRIVISTE ———— milieu des races étrangères et des institutions ss , ce sont nos lois, notre langue, notre clergé, tout notre système paroissial enfin, que les Anglais de la Mail disent être du Moyen-Age. Quand la Maïl nous apprend que la province de Québec est de deux cents ans retardataire sur la voie du progrès moderne, de ce progrès qu’elle réclame ici pour le peuple canadien, spécialement pour les Canadiens-français, race inférieure, il est assez rare qu'elle ne donne pas comme obstacle à notre régénération dans l’élément anglo-saxon, qu’elle ne dénonce pas comme autant d’entraves à ce perfectionnement, le clergé catholique, nos écoles, la dîme, nos répartitions pour la construction des églises, la paroisse, l'habitant.

Quand on a dit l'habitant, on a l’idée d’avoir dit tout cela, et quelque chose encore de méprisable aux yeux de la classe anglaise qu’on appelle tout exprès pour cela la classe supérieure.

Et voilà la question posée.

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Mais qu’avons-nous renié de nos engagements, de notre fidélité à Le durant la paix comme durant la guerre ?

Est-ce nous ou des gens d’Ontario qui, en 1849, par exemple, accusaient la plus forte tendance à l'annexion américaine ?

Qui parle chez nous sérieusement de manquer de foi à l'Angleterre, de renoncer à son drapeau ?

Qui voudrait croire, sans sourire, à la supériorité intellectuelle, professionnelle ou morale des soi-disant britishers de race pure, sur les nôtres, dans nos assemblées publiques, nos corps dirigeants et nos parlements ?

Quels sont les droits, les privilèges, si vous voulez, que nous avons accaparés au détriment de nos maîtres d'Angleterre ou de nos associés du Canada ?

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Hélas ! n’avons-nous pas plutôt cédé sur trop de points importants? Notre autonomie politique, par exemple, à Québec, ne valait pas cher en certain temps, puisque, quand le gouvernement d'Ottawa l’a voulu, il s’est permis ches nous une immixtion qu'il n'aurait pas osé risquer dans aucune province anglo-saxonne du Canada

Quand le gouvernement d'Ottawa l’a voulu, il s’est moqué ouvertement de la province de Québec, pour lui enlever ses millions, livrer son sentiment national à l’orangisme, l’abreuver d’injustice,l’abuser de promesses quand elle devait voter.

Il a tout fait parce qu’il a trouvé ici des Larive qui l’ont secondé en tout!

Voilà pour notre autonomie politique.

La race soi-disant supérieure s’en est emparée avec l’aide des nôtres. Mais elle ne s’en contentera pas, puisque ce n’est pas encore cela qui lui fera atteindre son but; l'absorption des Canadiensfrançais dans le Dominion.

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Nous en sommes suffisamment prévenus, n'est-ce pas?

Ce qu’il lui faut maintenant, ce qu’elle convoite avec plus ou moins d’h isie, ce que l'ignorance et le fanatisme politique des nôtres vont peut-être lui livrer plus tôt qu’on ne le pense, c’est ce que nous appelons notre autonomie nationale.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir ce qu’il y a déjà de fait.

Il faudrait être sourd pour ne pas entendre le cri de ralliement qui prépare ce qu’il reste à faire.

Quand le premier ministre comprit qu’il pouvait compter sur un remaniement de son cabinet, il prête une oreille plus complaisante avec une figure plus sereine aux francophobes de son parti.

On ne prétendait pas en venir à une solution complète et définitive de la question, sans difficulté et sans y mettre le temps ;

saisir pratiquement l'opinion, ici, au Canada; avoir de nos Chambres

mentaires une “expression d'opinion ” qui pourrait servir de base à une campagne de presse, autoriser la mesure, justifier apparemment l'injustice. On n'était pas même certain si le projet, avant de s’en aller languit à Londres, rallierait le vote des deux Chambres. Dans ce cas-là, le sénat refusant son concours, le gouverne-

de ne pas avoir payé trop cher leur promotion. Ils n’auraient qu’à faire entendre aux électeurs de langue française qu'il s’agissait de donner un semblant de satisfaction à un groupe peut-être mal inspiré, il est vrai, mais très important, se faisant impérieux auprès du gouvernement, et que jamais celui-ci n’avait réellement eu l'intention de faire passer cette mesure, qu’il savait condamnée d'avance.

La bombe lancée fera-t-élle long feu ?

n'importe, il était temps de lancer la bombe.

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