Henri ( ^ d
Cfaudie-Arod de Senevas de Si-Romain 1703. Armand ,
Cath.-Frane. de Mor- \
nay de Monlchevreuil {
| Jeanne-Ursule.
Léonor-Armand, Anne-Marguerite.
Charles-Jean, religieux.
Arnoul, , Antoine-Charles, d Orsay ( Anne.Margueriie. (I)
17*23. Léonor-Armand
Catherine de Bouche/
(1) Dictionnaire de la Noblesse.
J'ignore pour quelles raisons le plus ancien avocat au siège de Montélimar, à la requête de noble Giraud de Bczanger, sieur de St-Lager, Sigismond de Gardon, etc., mit, le 15 mai 1589, Anne de Levis, duc de Ventadour, lieutenant-général de Languedoc, eu possession de la place, du domaine et des revenus des château et terre d'Ancone. Le iîef avait été saisi aux enfants mineurs de noble Jean de Pracontal et adjugé au duc, moyennant 4,000 écus de principal et 10 écus d'enchères.
Henri IV, le 5 août 1590, abandonna au duc les lods dus au fisc ensuite de cette adjudication.
L'Inventaire de la Cliambre lies Comptes, où je puise ces détails, ajoute que, le 15 mars 1540, noble Imbert de Pracontal fournit au sénéchal du Valentinois et Diois le dénombrement de ses revenus d'Ancone, et qu'en 1677, noble Henri lit hommage au roi pour la môme terre où se trouvaient quelques bâtiments, un vieux château, un colombier, une île dans le Khône, etc.
La famille de Pracontal, Pracomlal ou Précomtal, ainsi appelée d'un pré acquis du comte de Valentinois, (le Pralo comitafi, a produit quelques vaillants guerriers. Ainsi, « parmi les bandes de M. d'Apchier, il y » avoit M. d'Ancone, lequel avoit un très beau et bon » régiment. Il en estoit bien digne et le conduisoit bien » vaillamment tousjours où il falloit aller. (1) » C'est le témoignage de Brantôme. M. Hochas l'appelle Antoine ; Chorier, Jean ; M. de Coston, Imbert, et Y Armoriai du Dauphiné, Ferrand. Le tableau généalogique donne raison à M. Rochas, qui nous a conservé, après Brantôme et Chorier, la devise soldatesque mise sur ses enseignes par le capitaine Antoine de Pracontal. Jean, son frère, défen-
lj II servit .sous Monlbruu «-t combattit à Jarnac et à Montcontour. à la tète de son régiment (Rochas, Biographie du Dauphiné; Panthéon littéraire, Brantôme. I, 621).
seur de la cause catholique, prit une part active à la défense de Montélimar en 1585 et 1587, et périt en défendant ses propres foyers, le 28 décembre 1588.
Pierre-André, lieutenant-colonel au régiment de Lyonnais, fut tué devant Dole, en 1G68; Etienne et Henri eurent le grade de capitaines ; Armand, dit le marquis de Pracontal, lieutenant-général des aimées du roi, fit les campagnes de 1672. sous Condé ; de 1673 à 1675, sous Turenne ; de 1695 et de 1703, sous Villeroi, etc. il se couvrit de gloire en plusieurs engagements de cavalerie dans l'armée du Milanais et se distingua à la bataille de Luzzara. Blessé à Nervinde vers 1693, il trouva la mort devant Spire (1703).
St-Simon s'exprime ainsi à son endroit : « Pracontal, » lieutenant-général et gendre de Montchevreuil, étoit • un homme fort appliqué, avec de. la valeur et de la » capacité, et qui auroit justement fait une fortune. Il » s'étoit fort attaché au maréchal de Boufllers, et M"« de » Maintenon le protégeoit particulièrement ; sa femme » eut le gouvernement de Menin à vendre que Pracontal » avoit acheté. »
Léonor- Armand, son fils, lieutenant au gouvernement de Nivernais, et lieutenant dans les chevau-légers de la garde du roi, vendit, en r735 et en 1738, la terre d'Ancone et Château-Sablier à François de La Coste, seigneur de Maucune, conseiller au Parlement de Grenoble.
Chorier s'est avisé plaisamment de faire descendre la famille Coste de Pedanius Costa, contemporain de Galba, sixième empereur romain (69 ans après J.-C.) ; mais il aurait été fort embarrassé pour établir sur titres la filiation de ce consul. V Armoriai du Dauphine fait des La Costc-Maucune, dont Laurent, l'un d'eux, était receveur des tailles de l'élection de Montélimar, en 1127, une branche des Coste, comtes de Charmes, près St-
Donat. Je ne suis pas en mesure de le contredire, et j'ajouterai que Jean-Claude-Maric de La Coste, lieutenant d'infanterie au régiment de Champagne, était, en 1765, seigneur de Maucune, Ancone, etc., au lieu et place de François, conseiller honoraire au parlement de Grenoble; que le 18 pluviôse an m, il habitait Villeneuve-lès- Avignon, et que, d'après Y Armoriai précité, MM. Aristide de La Coste, ancien préfet des Bouches-du-Rhône, et le fds du général de La Coste, représentent aujourd'hui cette branche.
Ancone est le lieu d'origine d'une maison favorisée de la fortune, celle de M. de Gallet, marquis deMontdragon, maître d'hôtel des rois Louis XVIII et Charles X. La découverte d'une valise pleine de pièces d'or, enfouie dans Jes sables du Hhône, permit, d'après la tradition, à Jacques Gallet de devenir receveur des fermes et douanes au bureau d'Ancone. Vincent-Robert le remplaça, vers 1700; deux de ses frères furent fermiers généraux, et Jean-Jacques, son autre frère, chargé d'affaires en Espagne, obtint de Louis Ier, roi d'Espagne, le titre de marquis de Gallet et de Montdragon.
Les Inondations
La position du bourg sur la rive d'un fleuve sans cesse parcouru par les barques et bateaux de transport, a presque toujours été pour Ancone une source de
richesse ; mais, au moment des grosses eaux, elle devient excessivement critique et dangereuse. Écoutons, en effet, les doléances faites à Necker, en 1789, et nous aurons une idée exacte de tous les maux du village à diverses époques.
Il y a trente ans, disent les documents d'alors, que ce bourg « un des plus beaux de la province, des mieux » peuplés, et le plus propre pour le commerce, » eut la moitié de son territoire emportée par la rapidité des eaux et quantité de maisons démolies. Depuis cette époque, ajoutent les habitants, le Rhône semblait s'être réconcilié avec nous ; mais il n'a suspendu ses hostilités que pour nous frapper plus fortement encore. La rigueur extraordinaire de cet hiver ayant formé dans le fleuve des glaces d'une épaisseur énorme, celles-ci, en fondant, ont causé un effrovable déluge. A la mi-janvier le vent du midi se mit à souffler avec violence ; les glaces se brisèrent et la pluie fit monter les eaux du Rhône à une grande hauteur. C'est dans la nuit du 14 qu'eurent lieu nos lamentables désastres. En fermant nos portes nous n'avions rien aperçu d'alarmant ; mais quelques heures plus tard, au milieu d'une obscurité profonde, on entendit soudain un bruit extraordinaire causé par la débâcle des glaces, et les cris : Au secours, au secours 1 retentirent aussitôt. L'eau avait envahi le rez-de-chaussée des maisons et le bétail bêlait, mugissait d'effroi. On se lève à la hâte, on prend sur ses épaules les enfants et les vieillards, les malades et les infirmes, on veut fuir et les sauver.,., mais il n'y a plus d'issues ; toute la plaine environnante est couverte de plus de quatre pieds d'eau, et le Rhône de plus en plus menaçant coupe le village en deux, emporte les maisons et menace celles où nous attendons la mort ! Qui pourrait décrire les angoisses de cette nuit terrible?...
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l'ne lueur de salut ne commence à briller pour nous que le lendemain vers midi ; mais quel affreux spectacle nous présentent alors nos arbres déracinés ou coupés par les glaces, nos semences perdues, nos terres ravinées et corrodées, nos bestiaux morts et nos maisons en ruines ?... Vienne une crue même ordinaire et notre village est détruit. (1)
Je n'oserais affirmer que trois ou quatre fois par siècle Ancone n'ait pas eu à souffrir de semblables malheurs, car l'histoire n'a pas enregistré avec assez de soin les désastres particuliers des bourgades voisines des fleuves. On sait toutefois qu'en 580 le Rhône et la Loire franchirent leurs rives « au grand dommage des peuples, » et qu'il y eut des inondations funestes en 585, en 587, en 588, 590, 592, 820, 1003, 1037, 1120, 1175, 119G, 1206, 1219, 1220, 1338, 1350, 1362, 1375, 1408, 1433, 1471, 1476, 1501, 1544, 1548, 1561, 1570, 1571, 1573, 1578, 1580 et 1590. Faut-il rappeler aussi les dates cruelles de 1711, 1737, 1756, 1802, 1840 et 1850? Toutes ces indications suffisent pour démontrer que le fléau des inondations n'est pas nouveau en France, comme on l'a prétendu. « Sans nous prononcer sur » l'influence vraie ou supposée du déboisement, opinion » toute scientifique, nous ferons seulement cette simple » observation, que la plus grande partie du territoire, » aux VIe et vnc siècles, était couverte d'épaisses forêts ; » qœ cet état de choses exista longtemps ; que le défri- » chement des terres s'effectua avec lenteur et que » cependant nous n'en voyons pas moins apparaître les • inondations d'une manière fréquente et formidable, et » à des intervalles rapprochés. » (2)
(1; Archives départementales, série C, n° 269. (2) Recherches historiques sur les inondations du Rhône et de la Loire par Maurice Champion.
Pour conjurer le péril imminent que le lUiône présentait ainsi sans cesse aux habitants d'Ancone, ils réclamèrent souvent les secours de l'État pour réparer leurs digues. En 1738, les ingénieurs Rolland et Vivien indiquaient les travaux à effectuer ; et en 1743, André Bonnet, marchand, se chargea de leur exécution moyennant la somme de 9,242 livres. L'opération traîna en longueur, et le 28 septembre 1747 le débordement fut si grand que tout le lieu manqua périr. De La Porte, intendant de la province, prescrivit de hâter les réparations commencées, et il fallut en venir à des voies de rigueur vis-à-vis de l'entrepreneur.
En 1787 il y eut de nouvelles études, et jusqu'à ces dernières aimées, les efforts de l'administration ont toujours tendu à la conservation d'Ancone. On a les projets de quelques travaux du xvm« siècle. La digue de 1789 fut continuée jusqu'en 1793, reprise de 1817à 1820, et exhaussée en 1825, de manière à former un bouclier devant Ancone. Après diverses tentatives faites de 1848 à 1 800 pour rétablir cette barrière que les inondations de 1840 et de 1850 avaient emportée, tentatives rendues inutiles par le refus de la commune de concourir à la dépense, l'Etat, de 1802 à 1863, a fait barrer le bras d'Ancone, dans l'intérêt de la navigation, au moyen d'une digue de quatre kilomètres de long et le bourg espère maintenant se trouver suffisamment protégé.
Outre les ravages causés par les débordements du fleuve, il y avait encore, avant 1789, d'autres conséquences fatales pour la commune dans chaque inondation.
En effet, le Languedoc se prétendait propriétaire des rives dauphinoises, toute* les fois qu'elles avaient été couvertes par les eaux, et les habitants devaient les alberger aux seigneurs du Vivarais et en payer les impôts
en Languedoc. « Les officiers civils ou municipaux du » Vivarais, dit un Mémoire de 1780 pour Étoile, tra- » versent le fleuve de toutes parts pour envahir nos pos- » sessions ou pour imposer des tributs et des lois dans » notre province. Leurs incursions sont plus redoutables » que les ravages du fleuve. Armés de titres arbitraires, • ils viennent attaquer les droits sacrés de la juridiction » et de la propriété, et les limites du Daupbiné sont » reculées sans cesse au gré de leur ambition ou de leur » intérêt ; si Ton ose leur résister, tout l'appareil de la » puissance languedocienne se déploie en leur faveur ; » et les Dauphinois dénués d'appui, toujours accablés » du poids d'une province entière, craignant de se dé- » fendre ou se défendant mal, sont aisément vaincus, » dépouillés et souvent ruinés. »
La question si simple des limites des deux provinces a exercé longtemps la sagacité des écrivains ; historiens et jurisconsultes l'ont abordée tour à tour, et le parlement de Toulouse et les arrêts du Conseil d'État l'ont tranchée plusieurs fois au profit du Languedoc.
Aussi, malgré le sentiment rationnel qui attribue au Daupbiné la rive gauche et ses atterrissements, faut-il reconnaître la validité des albergements faits par le prince de Soubise des terrains dépendants de file île la Conférence près Ancone.
En 179*2, les habitants du village s'en emparèrent de vive force, et par un arrêté du 13 septembre 1793, Boisset, représentant du peuple, les leur attribua.
Une loi du 1*2 prairial an iv cassa l'arrêté pris par Boisset, et les anciens albergataires ont conservé leurs droits jusqu'à nos jours.
Ici s'arrêtent nos renseignements. La monographie de Montélimar nous permettra de compléter celle d'Ancone.