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III. — SEIGNEURS DE BAUME-LA-LANCE

1287. Alméric

(fils «le Hugonin H)

Armand, Lagier.

Alméric, Bertrand.

Nicolas.

1310. Armand

Selon Pithon-Curt, Alméric ou Amalric de Vcsc I,r, rendit hommage pour Baume-La-Lance, le 10 février 1287, et un inventaire des titres de Bécone fait échoir par un acte de partage du d septembre 1208, la terre de Montjoux à Alméric dit de La Baume, et celles de Bécone et de La Baume à Hugonin.

Que devient donc l'hommage de 1287 ?

De plus l'inventaire de Bécone précité mentionne des hommages de 1322 et de 1340 rendus aux Poitiers par Alméric, seigneur de Bécone et Montjoux ; des reconnaissances à son profit, en 1326 et en 1334; des quittances de 1335 et de 1342, dont l'une fut passée par Laurette de Vesc, femme de Pierre de Griappo, écuyer, de Bécone ; un hommage de noble Hugues, seigneur de Bécone et de La Baume, fils d'Armand et frère d'Amalric, du 14 août 1351, et une cession de ses droits, par Hugonin, frère d'Armand, à Guillaume, son fils, marié avec Marguerite de Chamaret.

V Inventaire de fa Chambre de» Comptes de Grenoble rappelle, de son côté, à la date du 7 mai 1323, une reconnaissance semblable au profit d'Aimar de Poitiers par Amalric, fils d'Arnaud, pour la moitié du château de Bécone et le sixième de La Baume.

Knfin un acte conservé aux archives de la Drôme nous apprend qu'Armand fut père : 1° d'Amalric ; 2° et 3° de Pierre et de Nicolas, chanoines de St-Huf ; 4° de Bertrand, prieur des Frères Prêcheurs de Die et ensuite

évêque de Nevers ; 5° de Raymond, chanoine de St- Thiers-de-Saou ; 6° de Laurettc ; et qu'Araalric laissa un fils appelé Armandet.

Or, en 1351, Guillaume, co-seigneur deBécone, procureur fondé de Bertrand ci-dessus, réclama au nom de celui-ci le tiers de la succession paternelle, après la mort d'Amalric, et le quart au nom de Raymond, laissant pour héritier l'abbé de Saou. Pierre, prieur de St-Pierredes-Oches, au diocèse de Digne, pour lui et défunt Nicolas prétendit à la moitié de la même succession, et Armandet, revendiquant les parts d'Amalric, son père, et de Laurette, sa tante, une moitié aussi.

Dalmas de Vesc, chevalier, co-seigneur de Dieulefit, Isnard de Vesc, co-seigneur de Montjoux, Guillaume de Bellon, co-seigneur du Pègue et Arnaud de Vesc, arbitres communs, divisèrent l'hoirie en six parts, de manière à donner satisfaction aux réclamants.

1er lot. l'ne terre sur la colline de Flachet, près le ruisseau de l'église, le chemin du village à La Lance fadAlenckxm) et les propriétés de Guillaume de Vesc, un pré voisin du Lez et du béai du moulin, une terre au Plan, vers La Roche-St-Secret, un chauffoir avec la bistour contiguë, mur entre deux, voisin d'une tour et de la galerie de la Poterne, les censés, servitudes, juridiction haute et basse sur un territoire allant de Claposas à La Baume et à La Roche.

2* lot. Une terre derrière la colline de la Poterne, un pré au Lez (LanumJ et au rif de Maranaule, une terre au Plan, une chambre peinte avec l'étage supérieur jusqu'au pilier du chauffoir et au passage de la Poterne, les censés et le domaine sur un territoire longeant celui du 1" lot, de Claposas à La Roche.

3e lot. Une terre à La Condamine sous le village, touchant le chemin de Valréas à Dieulefit, un pré au rif

Merlet, près du vivier, une terre au Plan, la dépense ou l'office, avec les étages inférieur et supérieur, jusqu'au pilier de pierre contigu à la chambre peinte et à la galerie de la Poterne, le tiers du territoire compris entre le pas de la Bannière, la combe Merlet et La Roche.

4e lot. Terres voisines des 1er et 2e lots, un pré, le vieux cellier avec la cour jusqu'à l'arceau, limitant la maison de Guillaume de Vesc et une tour ; le quart du territoire borné par le Plan, le rif Merlet et La Roche.

5* lot. Terre au Plan-Doleta, près du béai du moulin d'Alanson (Alansonis), un pré au Lez, des terres à la Croix et au Plan, la cave et le linal, le quart du territoire placé entre le Lez, le rif Merlet et La Roche.

6« lot. Terre, pré, grange et bois au Lez et à la Combe Malestont, la chambre neuve, rétable sous la chapelle St-Michel, le sixième du territoire confiné par le Plan-Doleta, le Lez, le béai et le chemin du moulin, le devès de Faye, les murs du château et le fief de Guillaume de Vesc.

As ta rat de Montroux, co-seigneur du Pègue, un des témoins de l'acte de partage, prêta pour tirer au sort les six portions un florin (lre), un denier-couronne (2e), un florin du prince (3«), un blanc du pape (4e), un demipatat (5e) et un denier d'Avignon (G*).

Le florin échut à Pierre, le denier-couronne à l'abbé de Saou, le florin du prince à l'abbé de St-Ruf, le blanc du pape à Bertrand, le demi-patat et le denier d'Avignon à Annandet, représentant Amalric et Laurette.

La chapelle St-Michel resta commune et indivise, et la tour et le fief (affaire) de la Baume, ne pouvant être partagés, restèrent au même Armandet.

Il ressort de ce document que le droit d'aînesse n'était pas encore en grande faveur, que Guillaume de Vesc avait une partie de Bécone, et les descendants d'Armand l'autre.

On trouve parmi les témoins de l'acte du 6 avril 1351, fait à Bécone dans la maison de Guillaume de Vesc, nobles Humbert d'Ancelle et Guillaume de Vesc, seigneur de Baume-la- Lance.

Que devinrent les lots des religieux et des monastères mentionnés plus haut ? Pierre, chanoine de St-Ruf, donna la sienne à Hugues ou Hugonin ; peut-être aussi les Pencherin, qui rendaient hommage en 1362 pour leurs droits féodaux, en acquirent-ils une portion.

Quoi qu'il en soit, Pierre, fils de Guillaume, obtint le 5 novembre 1369 tous les droits d'Armand sur les coseigneuries de Bécone et La Baume, sur le péage de La Hoche et sur le château de Blacons. On le voit, en 1381, transiger avec les consuls et habitants de Bécone au sujet des fortifications de son château. L'acte porte que, pendant trois ans et sans tirer à conséquence, ses vassaux consacreront la 201 partie de tous leurs fruits à réparer les murailles du bourg, et qu'en cas de guerre ils y mettront leurs troupeaux à l'abri des soldats errants.

Le 20 novembre 1406, Pierre II contracta mariage dans le château de Sahune avec Catherine, fille de Juel de Holland, seigneur de Condorcet, et d'Anne de Baux, dotée de 800 florins ; et comme celle-ci fut dépouillée de ses biens parternels par le prince d'Orange, elle engagea son mari par un acte fait à Bécone, en présence de Rostaing de Vesc, co-seigneur de Montjoux, à les recouvrer (14 août 1424).

Le 11 mars 1427, il rendit hommage au Dauphin pour les château, mandement et juridiction de Bécone, et pour le 6P de La Baume dont il avait hérité d'Alméric de Vesc.

On a l'acte de donation de tous ses biens, faite le 3 juin 1430, par Catherine de Rolland à Hugonin, son fils,

DE MONTELIMAH

en présence de Gastaldi, curé de Bécone et de Raymond de Vesc, co-seigneur de Dieulefit.

Cet Hugonin n'ayant pas d'enfants de son mariage avec Marie Arthaud, vendit ses droits au prix de 300 florins à Pierre de Vesc, auteur de la 2e branche des seigneurs de Bécone, le 5 novembre 1444 (t).

2mc Branche des Seigneurs

Guy Allard et Pithon-Curt commencent la deuxième branche des seigneurs de Bécone avec Pierre de Vesc, deuxième fils de Rostiûng, seigneur de Montjoux et de Delphine ou Dauphine Arnaud, lequel aurait eu, par transaction avec Claude, son frère, les biens de Valréas et les seigneuries de Bécone et de Baume-la-Lance, et par donation de Philippine de Vesc, veuve de Jean Pitois, ceux de Hugonin IV. Delphine Arnaud l'aurait également créé son héritier par testament du 10 février

Mais il existe plusieurs actes antérieurs, fort embarrassants pour les deux généalogistes précités. Ainsi, au temps de Pierre de Vesc, mari de Catherine Rolland, mort avant 1439, on trouve un Pierre de Vesc, seigneur de Bécone, en présence de diflicultés financières sérieu-

(1) Archives de la Drôme; — Manuscrit de M. l'abbé Robin; — Inventaire de Bécone, chez M. de Carmejane; — Pithon-Curt, etc.

ses. Noble Giraud de Bologne, seigneur d'Alanson, lui réclama sans succès une créance de 20 florins et lit saisir et vendre aux enchères son moulin et sa vigne, sous le château, immeubles dont Gaspard, fils de Giraud, fut mis en possession le 27 juin 14-37, après le paiement au fisc delphinal de 7 florins et demi de lods (sorte d'enregistrement d'alors). A quelque temps de là, nouvelle adjudication d'un pré, faute par ledit Pierre d'acquitter une dette de G florins.

Enfin, Aimon Alleman, seigneur de Champs (Isère), «ayant acquis, le 6 juillet 1445, au prix de 500 florins les château, juridiction, mandement, censés, services, moulins et autres revenus de Bécone, ainsi que la parerie de La Baume d'un Pierre de Vesc, en fut investi par le conseil delphinal le 26 janvier suivant, moyennant 125 florins de lods, et prêta hommage au dauphin Louis le 12 janvier 1447. (1)

Un acte de 1478 nous apprend qu'Hugonin avait donné les 800 florins du prix de Bécone, à Pierre de Vesc, d'Orange (de Aurayea), et d'autre part, selon Y Inventaire de la Chambre des Comptes, Pierre aurait défendu à Hugues ou Hugonin, son fils, d'aliéner le même fief. On pourrait peut-être tout concilier en supposant deux personnes différentes du nom de Pierre ; mais j'écris l'histoire de Bécone et non pas une généalogie. Quoi qu'il en soit donc, le procureur général intervenant pour l'exécution d'une clause testamentaire de Pierre de Vesc, Aimon Allemand dut verser au trésor delphinal 415 florins, somme exagérée si elle est exacte, afin de conserver Bécone.

Claude de Vesc, écuyer, seigneur de Montjoux, héritier substitué de Pierre, ne trouva pas de son goût la

(1) Inventaire de la Chambre des Comptes : il met 500 florins au lieu de 800.

DE MONTELIMAR

satisfaction accordée au Dauphin, et actionna Henri, seigneur de La Roche-Paviot, et Guy, seigneur de Champs, tous les deux fils d'Aimon Alleman. En vain rappelèrent-ils que leur père avait payé le fief réclamé 800 florins et qu'eux-mêmes, par des améliorations au château et aux terres, en avaient considérablement accru la valeur, des arbitres communs attribuèrent Bécone à Claude de Vesc, qui s'engagea à rendre 500 florins, valant chacun 1$ gros, à permettre le passage gratuit sur ses terres de leurs troupeaux, l'enlèvement de leurs meubles et la rentrée de leurs droits arriérés, et à les garantir contre toute action résultante des gages obtenus par Gaspard de Bologne contre Pierre de Vesc.

Les arbitres qui ménagèrent cet accord, passé à Valréas le 15 janvier 1478, se nommaient Jean Arthaud, seigneur de La Roche-sur-Buis, Mermet Claret, seigneur de Treschenu, Jean d'irre, seigneur de Ponet, Ferrand Diez, seigneur de Pègue, Nicolas de Pracomtal et Amédée Pons.

Pierre de Vesc, frère de Claude, eut Bécone et La Baume par transaction, comme il a été dit. On le trouve gouverneur de Sisteron, en 1478, de I)un-le-Roi, en 1484, et de Crest, en 1485, grand-maître des eaux et forêts en Dauphiné et capitaine de 500 hommes de pied, à la tête desquels il combattit à Fornoue, le 6 juillet 1495. (1)

Charles, duc de Guienne, frère du roi de France, le chargea d'une mission auprès du pape, et il mourut en Sicile en 1497.

Cette même année, Simonetlc Baschi, fille de Berthold, seigneur de Castellar, qu'il avait épousée le 23

(1) Archives de la Drôine, série E ; — Archives de M. de Carmejane ; — Pithon-Curt: — Expilly, Supplément à la vie de Bayard; — Robin, manuscrit ; — Guy Allard.

septembre 1490, comparut devant Jean Patin, juge de Bécone, assis devant la porte du château sur un banc de bois, et lui déclara que son défunt mari lui laissait l'administration de ses biens, sans condition d'inventaire, et réclama le bénéfice de cette clause au conseil de famille assemblé. Elle l'obtint, et Rostaing, fils aîné de Pierre, fut reconnu pour son héritier universel.

Rappelons que ce Pierre, cousin de l'illustre Etienne de Vesc, baron de Grimaud, sénéchal de Nîmes et de Beaucaire, n'oublia pas ses vassaux en vivant loin d'eux. Le 18 septembre i486, il obtint pour eux, de Ferrand Diez, seigneur de Pègue, des droits de pâturage, d'abreuvage et de bùcherage sur La Roche-St-Secret ; malheureusement, Milet de Bologne- Alanson, co-seigneur de cette localité, traversa l'exécution de l'acte, et des arbitres restreignirent de moitié la concession. D'autre part, il octroya aux habitants de Bécone l'usage d'une fontaine réparée à ses frais.

Voici les noms de ses enfants : Rostaing ; — Bernardin, protonotaire apostolique, prieur de Montjoux et de Mollans ; — Marie, femme d'Ollivier de Caritat ; — Françoise, unie à Jean Arthaud de Montauban, seigneur de Luc, St-André, etc., par contrat passé à Bécone, en présence de plusieurs parents.

Pendant la jeunesse de Rostaing, une contestation surgit à l'occasion des pâturages et du bùcherage, et les procédures allaient grossissant lorsque Aimar de Vesc de Montjoux, évéque de Vence, Raymond de Vesc, seigneur d'Espeluche, et Pierre de Vesc, seigneur de Comps, réconcilièrent les parties, en décidant que les habitants de Bécone n'introduiraient plus leur bétail dans la garenne et dans les prés de leur seigneur ; qu'ils ne couperaient aucun arbre lui appartenant, que des terres vacantes seraient affectées à leurs troupeaux, sans

pouvoir être accensées, que les bergers du château respecteraient les prés des particuliers, et que les condamnations encourues seraient anéanties : l'acte est du US août 1499. (1)

Rostaing traita aussi avec Pierre, son cousin, relativement à la plus-value de Montjoux et à la décharge pour Bécone des dettes de la terre précitée. 11 fut gouverneur de Sisteron, créé chevalier lors du mariage de Louis XII, combattit à Ravenne et à Marignan et trouva la mort à Pavie (15*24).

Quant à Bernardin, il réclamait, en 1517, outre la nourriture et l'entretien, 1,000 florins sur la succession paternelle. Rostaing voulait imputer sur cette somme une avance de 100 écus; mais Jean Nicolas ou Nicolay, évèque d'Apt, Guillaume Pons, chanoine de Viviers, Aimar de Vesc, seigneur du Teil, Jean de Montauban et Jacques Dubouchet, allouèrent à Bernardin divers immeubles sis à Valréas, une maison el un verger à Bécone, •210 florins, et sa part des biens paternels. Simonette de Baschi fui présente à cet accord, avec Jean Giraud, juge majeur des sénéchaussées de Valentinois et Diois ; le 28 juillet 15*20, elle institua ce fils cadet son héritier universel, à la condition que Jean, fils de Rostaing, lui succéderait. Ce fut le contraire qui arriva.

Du mariage de Rostaing avec Ellips Nicolas ou Alix de Nicolaï, fille de noble Bernard, docteur en droit à Villeneuve-de-Berg, dotée de 1,100 livres, naquirent:

Jean, déjà nommé; — Pierre; — Jeanne, femme de noble Jacques de Pracomtal ; — Françoise, mariée avec Jean de Vesc, écuyer. seigneur de Montboucher.

Jean de Vesc, écuyer, cornette dechevau-légers, mourut à Montmeillan, selon Pithon-Curt, après avoir testé en

(1) Robin, Généalogie des de Vesc, manuscrit.

1545. Toutefois, d'après des documents certains, il fut assassiné ou tout au moins blessé dans un guet-apens ; des commissaires du Parlement de Grenoble, à la requête, de Pierre et de Françoise, ses frère et sœur, vinrent sur place étudier l'affaire qui se termina par la condamnation au bannissement de la province et de son ressort des deux coupables fugitifs et par l'acquittement de Benoit Faure, leur père, écuyer, seigneur de La Hoche-St-Secrct.

L'héritage de Jean de Vcsc échut à Pierre, qui sortit de l'ordre de St-Jean de Jérusalem pour le recueillir et continuer la branche; Bernardin, oncle du défunt, eut la moitié de ses revenus, et Françoise 700 écus d'or. (1)

vu

Derniers Seigneurs

Pierre, devenu seigneur de Bécone par la mort de son frère Jean et par la cession que lui fit de ses droits Bernardin, protonotaire, leva des troupes pour le service du roi, sur l'ordre du comte de Suzc, et mourut des suites d'une blessure, non en 1588, comme le veut Pi thon-Curt, mais vers 1584. En effet, Marguerite Romieu, déjà veuve, disposait de ses biens le 9 février de cette année-là, en faveur de Bernardin, son lils. Les autres enfants de Pierre s'appelaient : Philippe ; —

(1) Inventaire sommaire des Archives de l'Isère, B, 2026 ; — Robin, manuscrit.

DE MONTÉLIMAB

Louise ; — Marguerite et Françoise. Louise épousa Antoine Boudon, fils du châtelain de La Baume-Transit, le 18 novembre 158*2.

Bernardin, enseigne de la compagnie de cinquante hommes d'armes du duc de Bouillon et lieutenant de la garde suisse du roi, décéda à Avignon, en 1 G 17. Il avait pris, le 14 mai 1582, avec Jacques Beraud, de Crest, la recette des revenus ou de l'émolument du sceau applicable aux draps, estamets, serges et étoffes de laine fabriqués et teints en Dauphiné, sous la réserve du quart du produit pour Françoise de La Baume, comtesse de Montrevel, veuve de François de Kaernevenoi, surintendant de la maison du duc d'Anjou, qui laissa son nom, un peu défiguré, il est vrai, à l'hôtel de Caroa valet, à Paris, acquis en 1677 par Mmpde Sévigné. (1)

Philippe embrassa la carrière militaire et fut deux fois fait prisonnier et deux fois racheté par son frère Bernardin. Pendant qu'il administrait la seigneurie de Bécone, en l'absence de ce dernier, un de ses domestiques périt dans un guet-apens, sans que la justice pût découvrir les auteurs de sa mort. Philippe en ayanl été accusé, obtint du père de la victime un certificat prouvant son innocence, le 24 août 1585. (2)

Un différend survenu entre Bernardin et Philippe, au sujet de l'héritage de Françoise, leur sœur, fut réglé par des arbitres que le vibailli du Buis nomma à la prière des parties ; ils attribuèrent 275 écus au cadet et le reste à l'aîné. Philippe s'en contenta et Bernardin y ajouta de bonne grâce 3*24 autres écus avec promesse «le ne jamais réclamer les 50 formant le prix de la double rançon de son frère.

Bernardin eut de Françoise de Noire-Fontaine, fille de

(1) Archives de la Drùnic, série E.

(2) M. l'abbé Kobin, manuscrit.

Robert, seigneur de Briancourt : Pierre ; — Alain, tige des seigneurs de Briancourt ; — Guillaumelte, Marie, Marguerite et Catherine.

Pierre fit saisir le château de Montjoux en garantie de 2,700 livres que lui devait le possesseur de celte terre. Selon Pithon-Curt, il s'unit en premières noces avec Marguerite Meillorel, fille de Gabriel dit des Seguins, et en secondes, avec Marguerite de Mous de Savasse, lille d'Alain. Les enfants du premier lit, Nicolas et Catherine, n'ont pas laissé de traces de leur passage ; mais Claude- Augustin, du deuxième, est connu par divers actes.

Pierre fut lieutenant d'une compagnie du baron du Poèt-Célard et du comte de Grignan ; il servit dans l'arrière-ban du Dauphiné aux sièges de Montmeillan, Casai et Turin, en 1000, 1G30 et 1C40, testa en faveur de son fils Claude-Augustin le 8 décembre 1048. et choisit sa sépulture auprès de son épouse, dans la chapelle de Notre-I)ame-de-la-Fistule, à Bécone.

Au temps de Claude-Augustin un petit drame dont les derniers actes sont restés dans l'ombre s'accomplit dans sa terre et aux. environs. Esprit Guyon, protestant converti, rechercha sa prou^ction, étant vieux et célibataire. La petite fortune de cet homme excita la convoitise d'un ambitieux, et le 10 mai 1G77, le vieillard fut enlevé de force et renfermé dans une cave obscure. De là son persécuteur le fit transporter à Eyzahut où il l'obligea avec menaces de lui passer donation île ses biens. Après Pacte, Guyon, d'abord ramené àDieulefit, dut partir, la nuit, sous bonne escorte, pour Monlbrison, où il confirma la cession d'Eyzahut. Il revint alors à Dieulefit, toujours gardé; là une séquestration complète l'attendait.

Cependant la disparition du vieillard ayant été remarquée ne manqua pas d'exciter quelque émotion à Bécone ; sa nièce eut vent de la trame mystérieuse ourdie contre

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