Origine et effets admirables, p. i
Les Médailles i65
baye de Metten. On en voulut savoir la cause, et les recherches poursuivies dans l'abbaye amenèrent la découverte de plusieurs croix peintes sur les murs, suivant la disposition que l'on sait. Le sens des carac tères était perdu. On fouilla la bibliothèque du lieu et un manuscrit précieux finit par ré\éler le mystère.
Cet événement « réveilla, dit dom Guéranger, la dévotion des peuples envers saint Benoît représenté avec la sainte croix. Ce fut alors que, pour faire jouir les fidèles de la protection assurée à ceux qui vénèrent la sainte croix en union avec le saint patriarche des moines d'Occident, la piété songea à multiplier et à propager les augustes symboles que l'on trouve réunis sur la médaille. On joignit à l'instrument du salut et à l'effigie de saint Benoît les caractères dont le manuscrit de Metten avait fourni l'explication. D'Allemagne, où elle fut frappée d'abord, la médaille se répandit promptement dans toute l'Europe catholique et fut regardée par les fidèles comme une défense assurée contre les esprits infernaux. » (P. 28.)
Il ne manquait plus à la médaille, pour être définitivement posée, que l'approbation du Saint-Siège. A la requête du supérieur du monastère de Sainte-Marguerite de Prague, Benoît XIV s'empressa d'ouvrir, en faveur des porteurs de cette amulette, « le trésor des indulgences apostoliques ». (Bref du 12 mars 1742.)
En dépit de cette haute protection, la médaille de saint Benoît, longtemps négligée, dormirait probablement dans l'oubli sans un regain providentiel.
i66 L'Arsenal de la Dévotion
« L'heureux élan, dit dom Guéranger, que la grâce divine a imprimé depuis un certain nombre d'années aux fidèles de France, en ranimant chez un grand nombre le sentim.ent des choses surnaturelles, a fait revivre la confiance dans les saintes pratiques auxquelles nos pères ont dû tant de précieux secours. La médaille de saint Benoît, qui n'était bientôt plus qu'un secret que se transmettaient quelques âmes pieuses, est devenue le recours de beaucoup de chrétiens. Leur confiance a été récompensée par de nouveaux traits de protection. » (P. 41.)
Les traits de protection dans les maladies abondent comme toujours. Comme toujours il est fort curieux de voir une médaille, fixée avec une bandelette contre une jambe « presque écrasée » , faire disparaître du soir au matin toute trace de contusion * ; et, glissée dans le mouchoir d'une malade, la guérir « en moins de cinq minutes » d'une fièvre typhoïde -,
Pour la surdité, la guérison est plus prompte encore : une minute suffit.
« Ayant reçu une médaille de saint Benoît, elle (la sourde) la plaça dans son oreille et récita un Pater et un Ave en l'honneur du saint patriarche. Une minute après, elle était complètement guérie et entendait parfaitement ^. »